L’Argentine a le potentiel pour devenir grand exportateur de biocarburants

Buenos Aires, 26 mars 2006 – L’Argentine, puissance agricole qui vient de se doter d’une loi favorisant le développement des biocarburants, a le potentiel pour devenir un des principaux exportateurs de biodiesel ou d’éthanol, selon un expert.

« L’Argentine ne doit pas rater le train de l’histoire alors que tout indique que les biocarburants sont là pour rester et se développer », a assuré le directeur exécutif de l’Association argentine des biocarburants, Claudio Molina.

Avec un baril de pétrole à plus de 70 dollars, l’horizon n’a jamais paru aussi dégagé pour le développement des biocarburants et plusieurs pays s’y préparent. L’Argentine a ainsi décidé d’emboiter le pas de l’Union européenne (UE) en votant la semaine dernière une loi prévoyant à l’horizon 2010 d’incorporer au moins 5% de biocarburants dans l’essence ou le diesel consommés dans le pays, quand l’Europe s’est fixée un objectif de 5,75%.

L’Argentine aura donc besoin de près d’un million de m3 de biocarburant en 2010, dont les deux-tiers de biodiesel, selon M. Molina. Mais surtout, ajoute-t-il, l’Union européenne aura la même année besoin d’environ 15 millions de tonnes de biocarburant dont elle devra importer une grande partie.

Il y a donc urgence, selon M. Molina, à ce que l’Argentine se dote des capacités de production de biocarburant et surtout de biodiesel, obtenu à partir d’huile végétale, comme le soja par exemple, dont l’Argentine est le troisième producteur mondial. Car pour l’instant, ses capacités sont extrêmement limitées. Une petite entreprise argentine Oilfox a ainsi été contrainte de diminuer par 10 la quantité de biodiesel qu’elle s’est engagée à livrer à l’Allemagne au cours des prochaines années, faute de capacité de production suffisantes.

La situation pourrait néanmoins rapidement s’améliorer avec l’intérêt croissant porté par les grands fabricants d’huiles végétales au secteur des biocarburants. L’entreprise argentine Vicentin, l’une des plus importantes huileries du pays, a entamé la construction d’une usine, en association avec l’Allemand Lurgi, qui pourra produire fin 2007 quelque 200 000 tonnes de biocarburant par an à partir d’huile de soja, dont l’Argentine est déjà le premier exportateur mondial, selon M. Molina.

L’Argentine est aussi l’un des rares pays, avec le Brésil, à pouvoir encore augmenter significativement l’espace consacrée à la culture du soja. Le nombre d’hectares consacrés à ce protéagineux a déjà plus que doublé en 10 ans pour dépasser les 15 millions d’hectares en 2005-2006 contre six millions en 1995-96. Et ce n’est pas fini, font valoir les experts, tant la progression est continue comme en témoigne par exemple la hausse de 8% des surfaces consacrées au soja en 2005-2006 par rapport à la campagne précédente (2004-2005). Le soja, dont les prix ne cessent de monter pour un coût relativement faible à la production, n’a pas fini de s’étendre dans l’immense pampa argentine, mais au détriment, disent ses détracteurs, des autres cultures, de l’élevage et surtout en appauvrissant considérablement les terres au risque de les épuiser durablement.

Source : AFP

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