L’avenir de l’environnement : Jean Charest et le PLQ à l’écoute des experts et des citoyens

Montréal (Québec), 25 novembre 2001 – Le Parti libéral du Québec tenait, à l’UQAM, le premier d’une série de forums consultatifs sur les grands enjeux de la société québécoise. Ce premier forum, qui portait sur l’avenir de l’environnement, a réuni près de 150 experts, étudiants et citoyens de partout au Québec. Ceux-ci furent invités à exprimer leur point de vue devant la Commission politique du PLQ, le porte-parole de l’Opposition officielle en Environnement, M. Robert Benoît, et le chef du PLQ, M. Jean Charest.

D’entrée de jeu, les experts présents ont salué l’initiative du PLQ de non seulement tenir cet événement, mais de soumettre à leur critique la résolution cadre sur l’Environnement adoptée à l’occasion du dernier Congrès des membres, en octobre 2000.

Le point saillant de cette journée a été l’échange entre les participants et le chef du Parti libéral du Québec, monsieur Jean Charest. En réponse à un représentant de Greenpeace, monsieur Charest s’est prononcé en faveur de l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM). Le chef libéral a profité de l’occasion pour élaborer sur sa promesse de nommer un commissaire à l’environnement. « Il s’agit, a précisé Jean Charest, d’une pièce maîtresse de notre vision environnementale. Un commissaire à l’environnement garantira la transparence et la diffusion d’information dans l’élaboration et l’application des politiques gouvernementales. » Les questions de transport en commun, de coopération internationale et d’énergie ont également été abordées.

En matinée, Louis Bélanger, professeur à la faculté de foresterie et de géomatique de l’Université Laval, a livré un vibrant plaidoyer en faveur d’une stratégie d’aménagement durable des forêts du Québec. Il reproche en particulier au gouvernement du Québec de ne pas agir pour protéger la forêt boréale, partie prenante du patrimoine mondial. « Il n’est pas normal, a lancé M. Bélanger, qu’il n’y ait aucune aire protégée au sein de la forêt boréale québécoise, alors qu’en Colombie-Britannique, 12% de la forêt est décrétée aire protégée. Une telle négligence vaut au Québec d’être considéré comme le grand cancre international en matière de protection forestière ».

Pour sa part, Harvey Mead, ancien sous-ministre adjoint à l’Environnement et président de l’Union québécoise pour la conservation de la nature, a déploré le fait que malgré les orientations gouvernementales en faveur du développement durable, aucun indicateur n’a encore été développé pour évaluer la pérennité des ressources naturelles. A son avis, la promesse des libéraux de doter le Québec d’un commissaire à l’environnement est un pas dans la bonne direction. « L’idée est d’autant plus louable, dit-il, que les partis politiques ne sont jamais très chauds à l’idée de s’embarrasser d’une instance critique indépendante ».

Martine Ouellet, présidente de Eau Secours, a élaboré sur les dangers de la privatisation de l’eau au Québec. « L’eau est une ressource économique, stratégique et vitale et c’est la raison pour laquelle elle doit demeurer un bien publique. D’ailleurs, les exemples étrangers de privatisation sont loin d’avoir démontré leur efficacité, autant au niveau des coûts, que de la qualité des aqueducs. » Mme Ouellet a favorablement accueilli la résolution du PLQ réservant exclusivement aux pouvoirs publics le droit d’exporter de l’eau.

Enfin, Marc Turgeon, président-fondateur des Conseils régionaux de l’environnement du Québec, a souhaité qu’un prochain gouvernement libéral accorde une grande importance aux positions exprimées par les citoyens et les organismes environnementaux. « La société civile en a assez du manque d’écoute des gouvernements entre les rendez-vous électoraux. Hertel des Cantons ou la Loi 116 sur les forêts sont des aberrations qui ne doivent plus se reproduire ». Un prochain gouvernement libéral, a ajouté M. Turgeon, devrait instaurer un processus permanent de dialogue entre la société civile et les autorités politiques et accorder plus de moyens aux organismes sans but lucratif et aux citoyens qui souhaitent exprimer leurs positions.

En après-midi, les participants ont débattu en ateliers sur les sujets suivants : changements climatiques, gestion des matières résiduelles, foresterie, agriculture et vie urbaine. Le porte-parole libéral en matière d’Environnement, M. Robert Benoît a par ailleurs rappelé que la réflexion environnementale du PLQ ne se limiterait pas à cette rencontre, puisqu’il entreprend, dès janvier, une tournée de consultation régionale sur l’Energie avec ses collègues porte-parole des dossiers de l’Energie et des Ressources naturelles, M. Claude Béchard, et des Relations avec les Autochtones, M. Geoffrey Kelley.

Même s’il s’agit d’une nouvelle formule de forum thématique, cet exercice de consultation et d’échange s’inscrit dans la foulée des colloques libéraux sur la pauvreté, le jeu pathologique et les travailleurs autonomes qui ont eu lieu au cours des deux dernières années.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Coalition Eau Secours

http://www.eausecours.org/

Parti libéral du Québec

http://www.plq.org/

Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN)

http://www.uqcn.qc.ca/

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