Le Canada pour une réduction des subventions agricoles

Paris (France), 22 février 2003 – Le ministre canadien des Finances, John Manley, a plaidé samedi lors du G7 pour une réduction des subventions agricoles, au lendemain du plaidoyer de Jacques Chirac pour un moratoire sur les aides aux exportations agricoles à destination de l’Afrique.

Réduire les subventions agricoles est le meilleur moyen de stimuler les discussions en cours sur la libéralisation du commerce mondial, a dit John Manley à ses partenaires du G7, en réunion ministérielle à Paris.

« Cela s’est très bien passé. (La proposition) a été bien accueillie par les Britanniques et les Américains. Il (Manley) estime que l’idée s’est affichée sur leurs écrans radar, » a dit un membre de la délégation canadienne.

Samedi au G7, l’évocation de la proposition du président Jacques Chirac lors du sommet franco-africain à Paris a été accompagnée de froncements de sourcils.

Jacques Chirac a proposé vendredi aux chefs d’État africains une initiative en faveur de l’agriculture portant sur trois axes: un soutien aux exportations, un traitement commercial préférentiel et une réflexion sur les prix des matières premières.

Ce plan comporte notamment un moratoire dans les pays développés sur les aides aux exportations de leurs produits agricoles à destination de l’Afrique, qui déstabilisent les productions vivrières africaines.

Paris a mené la fronde contre la réforme de la Politique agricole commune à Bruxelles et résisté à une libéralisation rapide des subventions agricoles lors du dernier round de négociations à l’Organisation mondiale du commerce.

L’Union européenne consacre quelque 2,76 milliards d’euros par an à ces aides aux exportations agricoles.

Les pays en développement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine se plaignent de longue date de ces subventions à l’export qui les excluent de nombreux marchés agricoles mondiaux.

La ministre canadienne de la Coopération internationale, Susan Whelan, s’est dit samedi heureusement surprise et encouragée par la proposition de Jacques Chirac, tout en doutant qu’elle trouve samedi une traduction concrète dans le communiqué du G7.

Le commerce mondial n’est évoqué qu’en termes vagues à la fin du texte du projet de communiqué du G7 obtenu par Reuters.

La version définitive du communiqué pourrait aborder l’agriculture et les services financiers uniquement sous l’angle des discussions engagées par l’OMC depuis le sommet de Doha.

Source : Reuters

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