Le contrôle de la Commission Canadienne du blé doit rester entre les mains des agriculteurs

Winnipeg (Manitoba), 3 octobre 2001 – Les propositions du parti de l’Alliance canadienne qui consisteraient à transférer au gouvernement fédéral toutes responsabilités en matière d’emprunts financiers mettraient en danger le contrôle de la Commission canadienne du blé (CCB) par les agriculteurs, explique le président du conseil d’administration de la CCB.

« Il y a longtemps que les agriculteurs ont exprimé leur volonté de voir la CCB exercer contrôles, responsabilité et aussi transparence financière, » ajoutait Ken Ritter. « Le parti de l’opposition suggère maintenant que les agriculteurs abandonnent une bonne part de ce contrôle et le remettent entre les mains d’Ottawa. »

Ken Ritter s’exprimait en réponse aux commentaires d’un député de l’Alliance canadienne en charge de l’agriculture, Howard Hilstrom, qui s’interrogeait sur les montants que la CCB est amenée à emprunter. Ritter réplique en expliquant que ces commentaires, qui visent surtout à mettre la CCB dans l’embarras, font preuve d’une grande ignorance des complexités du commerce international et des mécanismes financiers qui l’accompagnent.

Le programme d’emprunts de la CCB est indispensable pour répondre aux énormes besoins financiers qui accompagnent l’une des principales exportations canadiennes. En outre, ces opérations financières se traduisent par la récupération de millions de dollars d’intérêts chaque année. Ces intérêts sont directement répartis entre les agriculteurs par le biais des comptes de mise en commun de la CCB. Tous les emprunts que contracte la CCB sont effectués sur des places financières canadiennes et étrangères.

Ritter faisait remarquer que l’Asssociation des producteurs de blé de l’Ouest canadien (« WCWGA ») avait reconnu que les producteurs étaient bien les bénéficiaires de ce système avant de s’étonner que cette même association se base sur des données erronées pour laisser entendre que la CCB se sert de sa « puissance économique » pour « subventionner » ses clients.

« Il est tout à fait regrettable qu’un groupe qui prétend représenter les agriculteurs des Prairies reprenne les mêmes arguments que la North Dakota Wheat Commission dans ses efforts de mise en cause des pratiques commerciales de la CCB, » ajoutait-il. « Une telle rhétorique ne peut que causer du tort aux producteurs. »

Et Ritter d’ajouter que cela fait trois ans que les agriculteurs des Prairies élisent dix des quinze membres du conseil d’administration de la CCB précisément pour s’assurer que ce sont bien eux qui contrôlent l’organisation, et pas le gouvernement fédéral.

« Suggérer par conséquent aujourd’hui que les agriculteurs s’en sortiraient mieux si le gouvernement fédéral s’occupait de leur comptabilité serait tout à fait illogique, » ajoutait Ritter. « Je suggère à l’Alliance de faire attention s’ils prétendent se faire le défenseur des intérêts des agriculteurs des Prairies et surtout qu’ils fassent attention à bien comprendre ce dont il retourne avant d’exprimer une opinion. »

Contrôlée par les agriculteurs de l’Ouest canadien, la Commission canadienne du blé est la plus importante agence au monde de commercialisation d’orge et de blé. L’un des principaux exportateurs du Canada, la CCB dont le siège social est à Winnipeg, vend du grain dans plus de 70 pays à travers le monde et répartit l’intégralité du produit des ventes, moins frais de commercialistaion, aux producteurs des Prairies.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé

http://www.cwb.ca/

Commentaires