Le fédéral fait preuve de trop de souplesse en matière d’étiquetage des aliments

Longueuil (Québec), 8 avril 2008 – Les consommateurs canadiens sont de plus en plus soucieux de la qualité et de l’innocuité des aliments qu’ils consomment. La confusion actuelle sur les règles d’étiquetage empêche toutefois nos concitoyens de choisir en toute transparence des produits canadiens. « C’est une situation inacceptable, d’autant plus que les solutions pourraient être facilement mises en place à moindres coûts », a déclaré aujourd’hui le premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Pierre Lemieux, devant les membres du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes.

Il est clair que la réglementation canadienne en vigueur ne permet pas d’informer adéquatement le consommateur sur l’origine des aliments qu’il achète. À preuve, selon un sondage réalisé en décembre 2007 pour le compte de l’UPA, 69,9 % des Québécois considèrent que la mention « Fait au Canada » ou « Produit du Canada » garantit que tous les ingrédients ou que la majorité de ceux utilisés dans la fabrication du produit proviennent du Canada. Or, la mention « Produit du Canada » fait plutôt référence à un bien dont 51 % des coûts de fabrication sont canadiens ou dont la dernière transformation s’est faite au pays. Un « Produit du Canada » n’offre donc aucune garantie sur sa provenance.

À titre d’exemple, dans la commercialisation du miel, une bonne part des approvisionnements est assurée par la production étrangère. Or, l’encadrement réglementaire actuel permet aux emballeurs de miel d’apposer sur leur étiquette la mention « Produit du Canada » puisque la transformation et le conditionnement ont lieu au pays. Pourtant, dans certains cas seulement, il peut contenir du miel canadien. Cette situation est également observable au regard du développement des marques privées chez les grands distributeurs, qui choisissent de s’approvisionner à l’étranger. Pour le consommateur, cela entraîne l’anonymat de la provenance alors que celui-ci réclame plus de clarté dans l’identification de la provenance des aliments. Cette situation est dénoncée depuis nombre d’années, et ce, par une multitude d’intervenants de tous horizons (producteurs, transformateurs, consommateurs, etc.).

D’autres éléments favorisent la confusion dans l’esprit du consommateur. Les labels « Canada A », « Canada de choix », « Canada no 1 » et « Canada de fantaisie », contrairement à ce qu’ils laissent croire, ne réfèrent qu’à la qualité du produit et sur son processus de fabrication, peu importe sa provenance. En clair, elles indiquent simplement que le produit répond aux exigences de classement de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

« Alors que 96 % de nos concitoyens souhaitent que la désignation de la provenance des aliments soit réglementée et obligatoire, il est clair que l’emploi des appellations actuelles ne répond pas à cette volonté. Il est impératif de revoir les règles d’étiquetage, les catégories et le classement des produits afin de restreindre l’utilisation du terme « Canada » à des aliments produits au pays », a ajouté M. Lemieux.

Par ailleurs, nos concitoyens sont en droit de s’attendre à un même niveau de sécurité à l’égard des aliments qu’ils consomment, qu’ils soient produits ici ou à l’étranger. Le premier ministre du Canada, dans son discours du trône l’automne dernier, avait d’ailleurs fait écho aux nombreux rappels de produits alimentaires importés en annonçant que des mesures seraient prises « sur la sûreté des aliments et des produits afin que les familles puissent avoir confiance en la qualité et la sûreté des biens qu’elles achètent ». Pour l’UPA, le gouvernement doit saisir l’opportunité qui s’offre à lui et exiger que tout aliment importé au Canada, produit dans des conditions différentes des nôtres, réponde aux normes canadiennes de production et d’innocuité, considérées à juste titre par les Canadiens comme essentielles à leur santé.

« C’est non seulement une question de sécurité pour nos concitoyens, mais aussi d’équité pour les agriculteurs canadiens qui, faute de réciprocité, doivent faire compétition à des produits qui ne sont pas soumis à des normes aussi exigeantes que les nôtres, et ce, sur nos propres marchés », a conclu le premier vice-président de l’UPA.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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