Le gouvernement fédéral exploite-t-il les migrants de l’agriculture?

Ottawa (Ontario), 17 octobre 2001 – Le gouvernement du Canada a recueilli l’an dernier plus de 11 millions de dollars de cotisations d’assurance-emploi auprès des travailleurs agricoles migrants saisonniers et de leurs employeurs, alors qu’il est parfaitement clair que ces travailleurs n’ont pas droit aux prestations du programme d’a.-e.. C’est l’une des nombreuses constatations d’un rapport national sur les conditions de travail des travailleurs migrants agricoles au Canada, publié aujourd’hui par le Bureau canadien de la United Farm Workers of America.

« C’est injuste et immoral » a déclaré Stan Raper, coordinateur canadien de la United Farm Workers of America « et ceci n’est qu’une rubrique parmi la longue liste de preuves documentées de l’abus officiel et institutionnel que subissent ces travailleurs que nous invitons dans notre pays pour nous aider. »

Dick Proctor, critique du NPD pour l’Agriculture et Hassan Yussuff, vice-président exécutif du Congrès du Travail du Canada, participaient à la présentation de ce rapport. « Plusieurs aspects négatifs des conditions de vie et de travail des travailleurs agricoles migrants saisonniers leurs sont imposés par nos lois et la manière dont elles sont appliquées » a déclaré Yussuff. « A titre de syndicalistes canadiens, nous sommes engagés à l’égard de l’amélioration du niveau et de la qualité de vie de tous les travailleurs. C’est pourquoi le Congrès du Travail du Canada appuie les recommandations de ce rapport et s’engage à les faire appliquer. »

Suite à un incident qui s’est produit au début du printemps – plusieurs travailleurs agricoles migrants de Leamington (Ontario) avaient été rapatriés après avoir dénoncé leurs conditions de vie et de travail, la UFW a commencé à effectuer des recherches et des enquêtes sur le Programme des travailleurs saisonniers agricoles (PTSA). Le présent rapport présente des détails sur le programme des travailleurs migrants du gouvernement fédéral, ainsi que plusieurs recommandations concernant les insuffisances et les défauts du programme actuel.

Les principales recommandations sont les suivantes :

  • L’établissement d’une Commission nationale bipartite chargée de superviser le programme des travailleurs agricoles migrants, en vue d’assurer la transparence, l’équité et la cohérence et de fournir la formation nécessaire à tous les travailleurs agricoles migrants au Canada.
  • Le réacheminement des cotisations d’assurance-emploi que les travailleurs agricoles migrants sont obligés de verser, dans un fond spécial destiné à financer la formation en matière de santé et de sécurité au travail, des services communautaires et une procédure d’appel et ce, sous la supervision d’une commission nationale.
  • L’établissement, par le gouvernement fédéral, de critères législatifs concernant la participation des provinces au programme des travailleurs agricoles migrants.
  • La signature et la ratification, par le gouvernement canadien, de la Convention des Nations Unies sur les droits des travailleurs migrants.

Le rapport aborde les nombreux problèmes dont souffrent les travailleurs agricoles migrants à cause d’un programme laxiste, incohérent et mal géré qui est actuellement administré par Développement des ressources humaines Canada. Ces préoccupations portent notamment sur :

  • Les retards dans la réception des cartes Santé de l’Ontario et les difficultés subséquentes, en ce qui concerne la réception des remboursements de frais médicaux.
  • L’hébergement inadéquat ou insalubre.
  • Les conditions de travail, les heures de travail, les périodes de repos et la rémunération des heures supplémentaires.
  • Les questions liées à la rémunération : les déductions relatives au RPC, à l’a.e. et à l’impôt sur le revenu, les frais de transport, l’alimentation et le droit à la paye de vacances.
  • La soumission de déclarations d’impôt sur le revenu canadiennes et la réception subséquente des remboursements connexes.
  • Le recouvrement de paiements de médicaments d’ordonnance pour les travailleurs qui contribuent à un régime d’assurance-médicaments
  • L’usage de pesticides et de produits chimiques et l’exposition à ceux-ci, alors que la formation, les connaissances et l’équipement connexes sont pratiquement inexistants
  • La barrière des langues pour les travailleurs Mexicains, en ce qui concerne tous les aspects de leur séjour au Canada (travail, accès aux soins médicaux, vie sociale)
  • L’isolement, la solitude et la dépression qui favorisent l’usage accru de l’alcool et l’augmentation du taux de MTS

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau canadien de la United Farm Workers of America

http://www.ufw.org

Nouveau Parti Démocratique (NPD)

http://www.ndp.ca

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