Le plus gros élevage caprin d’Europe vidé de ses chèvres abattues par précaution

Poitiers (France), 22 janvier 2003 – La ferme Riquet de Celle-Lévescault (Vienne), le plus gros élevage caprin d’Europe, touché l’an dernier par un cas de tremblante, a été vidée de ses chèvres qui seront abattues, au nom du principe de précaution, a annoncé la préfecture de la région Poitou-Charentes.

En présence des gendarmes, l’opération d’évacuation des quelque 2500 chèvres restant dans la ferme a duré toute la matinée de mercredi.

L’élevage a compté jusqu’à 4000 chèvres, chevreaux et chevrettes et a employé jusqu’à 20 personnes.

Les chèvres étaient canalisées dans un couloir délimité par des bottes de paille puis étaient embarquées dans six camions pour être transportées sur plusieurs sites d’abattage, a constaté un correspondant de l’AFP sur place.

La décision d’abattage de l’ensemble du troupeau a été prise par les autorités préfectorales en juillet dernier, à la suite de la découverte du cas de tremblante le 21 juin.

La tremblante caprine ou ovine n’est pas transmissible à l’homme, et aucun cas de contamination naturelle de petits ruminants par une vache atteinte d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la vache folle) a été observé.

Cependant des expériences en laboratoires d’injections intra-cérébrales du prion de l’ESB sur des chèvres ont prouvé que l’ESB pouvait être transmise aux caprins, a expliqué la préfecture dans un communiqué.

Les symptômes de la tremblante caprine pouvant masquer ceux d’une contamination par l’ESB, l’arrêté du 15 mars 2002 du ministère de l’Agriculture prévoit l’abattage des troupeaux où des cas de tremblante sont détectés.

Les exploitants, Didier et Christian Riquet, recevront une indemnisation du ministère de l’agriculture d’un peu plus de 1,6 million d’euros, ainsi qu’un versement exceptionnel de 250 000 euros de l’Office national interprofessionnel du lait (ONILAIT) et des aides, d’un montant non précisé, du département et de la région, a indiqué la préfecture.

Les frères Riquet, qui conservent un élevage d’ovins, ont affirmé à la presse que ces versements ne couvriront que 60% de leur préjudice et comptent engager une action en justice.

Plusieurs manifestations de soutien à la ferme Riquet par des éleveurs de la Vienne et des Deux-Sèvres ont eu lieu ces derniers mois, au cours desquelles des chèvres avaient été lâchées devant des bâtiments officiels, dont le Conseil régional de Poitou-Charentes.

Source : AFP

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