Le point sur les parcs d’engraissement

Ottawa (Ontario), mars 2003 – Sous la direction de Jim Miller, chercheur d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), une équipe d’AAC, du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et du Développement rural de l’Alberta et du comté de Lethbridge, étudie depuis deux ans, dans le cadre d’un projet de trois ans, les effets du fumier sur l’environnement dans les parcs d’engraissement.

Plus précisément, l’équipe cherche à déterminer si l’infiltration des contaminants et le lessivage diffèrent selon la texture du sol. On retrouve en effet des sols à texture fine, des sols à texture moyenne et des sols légers dans les parcs d’engraissement du bétail du sud de l’Alberta.

« Les résultats de la première année de recherche nous ont agréablement surpris, dit M. Miller. Nous nous attendions à une infiltration plus grande des contaminants dans les sols légers, mais nous nous sommes aperçus que la texture du sol ne faisait aucune différence. En fait, ajoute-t-il, une fois que les bovins sont dans le parc d’engraissement, il se forme en général à la surface du sol une épaisse couche noire en l’espace de deux mois, qui semble restreindre l’infiltration. »

Selon M. Miller, l’efficacité de cette couche isolante est tout à fait notable. Si l’infiltration est moins grande, le risque que les contaminants se retrouvent dans les eaux souterraines est moins grand. L’équipe prend aussi des échantillons du sol en profondeur pour déterminer si les contaminants réussissent à s’y frayer un chemin.

« Les premiers résultats sont positifs pour l’industrie et pour l’environnement, dit M. Miller. On craignait que les sols légers laissent passer davantage les contaminants ou qu’il y ait un plus grand lessivage. Il est possible que cette crainte ne soit pas fondée étant donné la couche isolante qui se forme à la surface des parcs d’engraissement et ce, même dans les sols sablonneux. »

Les scientifiques ont découvert, au cours de la première année de l’étude, que la couche noire se forme sous le fumier quelle que soit la texture du sol, quand les animaux sont dans le parc d’engraissement. Cette couche noire semble empêcher les contaminants de pénétrer dans le sol jusqu’aux eaux souterraines et former une couche isolante. Cette propriété isolante semble provenir d’une combinaison du compactage du sol par le bétail, de l’obturation des pores du sol par les matières organiques et les cellules microbiennes et par la teneur élevée en sodium du fumier, qui réduit l’infiltration.

« À cause du compactage, la couche noire pourrait se comparer à du ciment. Le fumier ne peut pas s’infiltrer dans le sol, dit M. Miller. Tant que le bétail est dans le parc d’engraissement et que la couche noire n’est pas rompue durant le nettoyage, le pouvoir isolant demeure. C’est un phénomène naturel qui empêche l’infiltration. »

Le projet, financé par les Alberta Beef Producers, vise à déterminer si le lessivage du sol dans les parcs d’engraissement est problématique et, le cas échéant, à mettre au point des pratiques de gestion pour réduire ou empêcher la contamination des eaux souterraines. Jusqu’à présent, selon M. Millier, les résultats sont encourageants.

En plus de la couche noire qui se forme naturellement à la surface du sol, M. Miller examinera peut-être l’effet de substances naturelles ou artificielles comme l’argile, le lait de chaux et les cendres volantes pour amender le sol. Ces substances pourraient être mélangées au sol dans les parcs d’engraissement pour restreindre encore davantage l’infiltration des contaminants et le lessivage.

Le Centre de recherche de Lethbridge est le plus grand centre de recherche agricole de la Direction générale de la recherche d’AAC. Il s’y mène des programmes de recherche sur les cultures, les terres et le bétail en vue d’améliorer la viabilité économique et la protection de l’environnement dans le secteur agroalimentaire canadien grâce au développement et au transfert de technologies novatrices.

Les agriculteurs et les éleveurs de l’Alberta ont à coeur de pratiquer une agriculture qui protège l’environnement. Dans le cadre de l’élément environnement du Cadre stratégique pour l’agriculture, ils pourront devenir encore de meilleurs intendants de l’environnement. En pratiquant l’agriculture dans le souci de l’environnement, ils contribuent à l’amélioration de la qualité de l’eau, du sol et de l’air, ainsi que des habitats fauniques.

La Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, coïncide avec les célébrations qui proclament 2003 l’Année internationale de l’eau douce. Le thème de cette année, « De l’eau pour le futur », incite chacun à adopter des pratiques d’utilisation durable de l’eau au profit des générations futures.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Lethbridge Research Center
http://res.agr.ca/leth/

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