Le premier ministre français en visite au SIMA

Paris (France), 27 février 2003 – Pour sa première visite du salon de l’Agriculture depuis son arrivée à Matignon, Jean–Pierre Raffarin, souriant et débonnaire, s’est montré à l’unisson des professionnels tout au long d’un périple de plus de cinq heures.

Encadré par son ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard et les responsables du syndicat majoritaire agricole, la FNSEA, et des Jeunes Agriculteurs, M. Raffarin a arpenté les stands d’élevage et de spécialités régionales, se montrant partout rassurant.

Au cours de son périple, le Premier ministre n’a cependant pas croisé José Bové, le leader de la Confédération paysanne condamné mercredi à 10 mois de prison ferme pour destruction de plants génétiquement modifiés.

Lors d’un arrêt à l’espace de la FNSEA, il a répondu aux inquiétudes de Jean–Michel Lemétayer, président du syndicat, concernant les prochaines négociations de Bruxelles sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC) et les relations entre agriculteurs et grande distribution.

Le Premier ministre a insisté sur la convergence de vue du gouvernement et de la FNSEA sur ces deux points.

« Notre cap européen est clair. Le président de la République a dit notre opposition aux manoeuvres qui sont engagées à Bruxelles pour nous faire une revue à mi–parcours » de la PAC, a déclaré M. Raffarin.

« Pour nous, les engagements de Berlin doivent être respectés et nous tenons aux acquis de la PAC (…) Nous savons que nous devons réfléchir à la nouvelle donne qui sera celle de 2007 », a–t–il ajouté. Lors des négociations de Berlin en 1999, le cadre budgétaire de la PAC a été fixé jusqu’en 2006.

Sur le dossier de la grande distribution, accusée par les agriculteurs de pratiques commerciales abusives, le chef du gouvernement a plaidé pour « un partage juste » des marges « tout au long de la filière ».

« Du producteur au consommateur, il doit y avoir l’étalement de la marge et non pas la concentration, où finalement systématiquement on étrangle l’amont, c’est–à–dire le producteur », a–t–il souligné.

Il a d’ailleurs félicité la FNSEA d’avoir instauré un « CAC 40 » des produits alimentaires frais. Le syndicat a décidé d’organiser des contrôles réguliers des prix dans les grandes surfaces sur un panel de 40 produits. Un premier bilan doit être dressé en juin.

Pendant sa visite, M. Raffarin s’est volontiers attardé sur les stands du Poitou–Charentes, dont il a été président de région, embrassant des amis, demandant des nouvelles de leurs familles. Il s’est même vu offrir une vareuse de pêcheur charentais, taille 54.

En dépit d’un service d’ordre omniprésent, le Premier ministre a serré des centaines mains, accepté un verre de jus de carottes, dégusté une coquille St–Jacques à la crème.

M. Raffarin a également sacrifié aux traditionnelles photos devant les plus beaux spécimens bovins. Il a même pris la pose devant « Notaire », un taureau de race Parthenaise de 1.200 kg, aux côtés duquel le président Jacques Chirac avait été immortalisé, samedi lors de l’inauguration du salon.

Sur l’espace Normandie, il a remis les diplômes de la « charte des bonnes pratiques de l’élevage ». « C’est en France aujourd’hui que la sécurité alimentaire est le mieux défendu et c’est en partie aux éleveurs que nous le devons », a–t–il jugé à cette occasion.

M. Raffarin s’est ensuite accordé une pause–déjeuner sur le stand de la Savoie, région d’Hervé Gaymard. Au menu, fricassée de porc, arrosée d’Apremont.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

SIMA de Paris
http://www.simaonline.com/

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