Le secteur et l’industrie souhaitent de meilleures pratiques

La troisième journée d’audience de la CAPERN a permis d’entendre les Producteurs de grains et l’APNC

Oui, il est possible de faire mieux et les membres de l’industrie, tout comme les producteurs, souhaitent travailler dans ce sens. Cet effort doit être cependant reconnu et soutenu par un accompagnement pour ne pas nuire à la compétitivité des entreprises agricoles dans un environnement commercial très compétitif. C’est en résumé le message qu’on livré l’Association professionnelle en nutrition des cultures (APNC) et les Producteurs de grains devant la CAPERN.

Le président de l’APNC, Sylvain Lavoie a indiqué à la commission qu’il était possible d’optimiser les pratiques culturales par une utilisation judicieuse et adéquate des produits phytosanitaire, tout en soulignant le rôle des pesticides dans la protection et la santé des cultures. Selon le gestionnaire, les principes des 4B doivent s’appliquer : le bon produit, au bon endroit au bon moment et à la bonne dose.

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Sur la rémunération des agronomes, M. Lavoie précise que l’association organise des conférences en éthiques, conflits d’intérêt et en déontologie pour sensibiliser les membres sur les bonnes pratiques. L’utilisation des pesticides est aussi encadrée par différentes législations, que ce soit au fédéral ou au provincial, et que les agronomes travaillent dans ces cadres.

L’adoption de meilleures pratiques passent par un effort supplémentaire des entreprises agricoles. Ces dernières doivent toutefois être soutenues, que ce soit dans le cas des bandes riveraines, ou encore par une approche personnalisée, comme dans le cas des dossiers clients.

Les Producteurs de grains ont pour leur part rappelé que ce n’était pas par plaisir que les agriculteurs utilisaient des pesticides, puisqu’ils sont les premiers à en subir les effets sur leur santé, tout en étant une dépense importante pour les fermes.

Tout en affirmant que les producteurs étaient prêts à en faire plus pour réduire leur utilisation des pesticides, le président de l’organisation, Christian Overbeek, a ajouté que le secteur faisait face à des difficultés supplémentaires, que ce soit les changements climatiques ou les conflits internationaux. Dans ce contexte, le soutien du gouvernement serait nécessaire pour se plier à de nouvelles contraintes, ce qui selon le groupe n’a pas toujours été le cas. M.Overbeek a incité la commission à faire preuve de rigueur et de réalisme dans son approche de solution.

Dans ses recommandations, les Producteurs de grains ont exprimé le souhait que toutes les interventions gouvernementales en lien avec la lutte avec les ravageurs soit inspiré d’un meilleur équilibre entre les aspects agronomique, économique et environnemental. Dans cet esprit, le groupe souhaite l’implantation par le gouvernement d’une première politique ambitieuse, intégrée et responsable en lien à la lutte aux ravageurs. Dans ce sens, l’approche prescriptive serait remplacée par un accompagnement et un partenariat grâce à un plan d’amélioration continue qui tiendrait compte des particularités de chacun. Une offre de services professionnels augmentée est donc souhaitée, tout comme des études afin de calculer au préalable le coût de nouvelles mesures sur la compétitivité des entreprises en tenant compte de la réalité québécoise. Les agriculteurs devraient recevoir des incitatifs économiques et une rétribution pour leurs efforts agroenvironnementaux qui auraient une incidence sur la compétitivité de la ferme.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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