Le ver-gris noir sera de retour!

Le maïs du rang à droite porte le gène Agrisure Viptera 3111. L'hybride témoin, à gauche, a vu sa population sérieusement minée par le ver-gris noir. Photo : Sébastien Brière – Syngenta

Le ver-gris noir est-il devenu une menace sérieuse pour les cultures au Québec? Si l’on se fie aux observations de ce printemps, force est d’admettre qu’il vaut mieux attendre ce ravageur de pied ferme l’an prochain.

« C’est la première année que je constate autant de cas », a confié Sébastien Brière, gérant de territoire chez Syngenta. Des champs de maïs où le ver-gris noir a détruit de nombreux jeunes plants ont été observés dans plusieurs régions du sud du Québec.

Cet insecte n’est pas nouveau sur le territoire du Québec, rappelle Michèle Roy, entomologiste au MAPAQ. Toutefois, au Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP), il ne fait l’objet d’un dépistage systématique que depuis deux ans.

Les données recueillies au Québec ne permettent pas d’établir une croissance dans les dommages, mais chose certaine, les semis tardifs de cette année ont rendu les plants plus vulnérables au ver-gris noir, explique Michèle Roy. « D’après mon expérience, ce ravageur a été présent de façon plus importante cette année. »

Le ver-gris noir ne passe pas l’hiver au Québec. Il arrive en généralement en juin, voyageant des États-Unis lors de systèmes dépressionnaires. Les papillons femelles recherchent des plantes hôtes pour pondre. Le plus souvent, ils s’agit de mauvaises herbes, sinon de cultures commerciales fraîchement sorties du sol, dans lesquelles les larves font un ravage.

Les champs en semis direct, ou ceux mal désherbés, sont plus vulnérables. Il existe des seuils d’intervention économiques établis par le RAP, mais cet insecte est encore peu connu au Québec et les moyens de le contrôler une fois dépisté ne font pas l’unanimité.

La prévention est possible, notamment avec les hybrides portant le gène Agrisure Viptera 3111 (Semences NK). Selon le ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAARO), ce gène offre un bon contrôle et l’on ne doit pas présumer que tous les maïs Bt sont protégés du ver-gris noir.

Les hybrides portant le gène Agrisure Viptera 3111 sont sur le marché au Québec depuis cette année. Sébatien Brière a pu en constater l’efficacité dans des parcelles à La Présentation, où du maïs portant ce gène est demeuré intact à côté de maïs témoin où le ver-gris noir a sérieusement diminué la population. « La différence était à couper au couteau », dit M. Brière.

Comme d’autres insectes nuisibles, le ver-gris noir semble profiter du réchauffement climatique pour étendre son aire d’hibernation. Il passe l’hiver de plus en plus au nord. Par conséquent, le printemps venu, le trajet à parcourir pour atterrir au Québec est de moins en moins long.

Une larve de ver-gris noir s'est attaquée à ce jeune plant de maïs. Photo : Sébastien Brière – Syngenta

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