L’effet Trump

Maurice Doyon, agroéconomiste et professeur de l’Université Laval

Depuis son élection, son nom est sur toutes les lèvres. Le président américain Donald Trump cause inquiétudes et appréhensions de toutes sortes. Le Bulletin a discuté avec le spécialiste des questions commerciales agroalimentaires, Maurice Doyon, des enjeux qui pourraient toucher l’agriculture canadienne.

Comment voyez-vous la renégociation annoncée de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA)?

À observer Donald Trump et à écouter ce qu’il dit, on se demande s’il va amorcer la négociation de bonne foi. Sur quelle base va-t-il lancer les pourparlers? Que va-t-il demander? Que va-t-il accepter de donner en échange? On ne sait pas et c’est très inquiétant de constater qu’il avance dans plusieurs dossiers en s’appuyant sur « des faits alternatifs » et en énonçant des faussetés.

Comment le Canada doit-il se préparer à cette renégociation?

On ne bouge pas, on ne parle pas, on attend. Il faut que l’administration Trump fasse connaître ses intentions, sa base de négociation et ses demandes. Il ne faut surtout pas attirer l’attention. Bien sûr, discrètement, tout comme le font les Américains, on prépare notre liste de demandes et de ce qu’on souhaite protéger.

Est-ce que la gestion de l’offre pourrait être une cible?

On ne sait pas, peut-être, mais ce ne serait pas très surprenant. Tout comme on peut penser que les républicains voudront rétablir le Country Of Origine Labelling (COOL), la mention obligatoire du pays d’origine, particulièrement pour les viandes. Mais encore là, la question est : que veulent les Américains, que visent-ils? N’oublions pas que l’agriculture est l’un des rares secteurs où les Américains enregistrent un surplus commercial. Il est d’environ 25 milliards de dollars par an. Après la Chine, le Canada est le deuxième meilleur client et le Mexique le troisième. Peut-être que Donald Trump va finalement préférer ne pas briser cet état de fait, mais plutôt cibler d’autres secteurs économiques dans cette réouverture de l’ALÉNA.

Donald Trump a rejeté le Partenariat transpacifique (PTP). Qu’en pensez-vous?

Je ne vois pas le Canada participer à un PTP sans les Américains. Il faut rappeler que l’intérêt principal du Canada dans le PTP, c’était le Japon. Le Canada avait cessé de négocier avec le Japon en 2014 pour s’intégrer au PTP. Maintenant que les Américains se sont retirés, peut-être va-t-on reprendre les pourparlers nippons. Avec certains pays, nous n’avons pas intérêt à négocier. Pensez à la Nouvelle-Zélande qui n’a pas de grands marchés à nous offrir et qui souhaiterait qu’on lui ouvre notre marché laitier.

Lisez l’entrevue complète avec Maurice Doyon dans l’édition de mars du Bulletin des agriculteurs dans la section « Point de vue ».

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