Les Américains mangent des OGM depuis dix ans, mais n’en savent toujours rien

New Jersey (États-Unis), 24 mars 2005 – Seulement un Américain sur trois (31%) sait qu’il mange régulièrement des organismes génétiquement modifiés (OGM), et ce bien qu’ils soient présents dans les assiettes aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années, selon une enquête de l’Institut Rutgers pour la politique alimentaire.

Plus de la moitié des Américains ne sait pas que les supermarchés en vendent, et la plupart d’entre eux n’a pas vraiment non plus idée de la nature de ces OGM, selon l’étude portant sur la perception des OGM dans le pays, et conduite de 2001 à 2004 auprès d’un échantillon représentatif de 1200 Américains.

Actuellement aux Etats-Unis environ 75% des produits alimentaires transformés contiennent des OGM : surgelés, huiles de cuisine, céréales pour le petit-déjeuner et autres produits céréaliers, selon Stephanie Childs de Grocery Manufacturers of America, le syndicat américain des fabricants de produits alimentaires.

Les produits contenant des OGM sont arrivés dans les rayons des supermarchés américains à partir de 1994, une tomate montrant l’exemple, alors qu’à partir de 1995 on cultivait du maïs et du soja génétiquement modifié sur des millions d’hectares sur toute la planète: aujourd’hui, plus de 80% du soja, et 40% du maïs cultivé aux Etats-Unis est génétiquement modifié.

Alors que pour quasiment chaque question précise sur la nature des OGM, la moitié des sondés n’est pas certaine de sa réponse, 42% pensent qu’une tomate contenant les gènes d’un poisson aura un goût de poisson, 40% ignorent qu’une tomate ordinaire contient des gènes à la différence des tomates OGM, 30% jugent qu’il est impossible de transférer un gène dorigine animal dans une plante, et seuls 45% dentre eux estiment que manger des fruits génétiquement modifiés ne modifiera pas leurs propres gènes.

Au final, 47% des sondés se déclarent plutôt favorables à cette technologie appliquée aux plantes, et 41% la désapprouvent ou penchent vers la désapprobation. Selon Lisa Lorenzen, responsable des liaisons avec l’industrie biotechnologique de l’Université d’Etat de l’Iowa, les Américains, pour la plupart, ne craignent pas les OGM parce qu’ils font confiance à leurs autorités sanitaires, contrairement aux Européens qui ont connu la crise de la vache folle.

Source : AP

Commentaires