Les animaux canadiens toujours interdits aux USA

Washington (États-Unis), 2 janvier 2004 – Les Etats-Unis n’ont pas encore autorisé la reprise des importations de bovins du Canada, qui exportait autrefois un million de têtes de bétail par an chez son voisin du sud, où les animaux étaient abattus.

Le département de l’Agriculture (USDA) a proposé de limiter les importations aux bêtes les plus jeunes et la population a jusqu’à lundi pour formuler des objections. L’USDA veut limiter les importations aux bêtes de moins de trente mois parce que l’ESB semble ne se manifester que chez les animaux plus âgés.

Des responsables américains reconnaissent qu’ils demandent plus de souplesse de la part de leurs partenaires commerciaux que les Etats-Unis n’en ont eux-mêmes manifesté. Ils expliquent que les normes internationales ont évolué à mesure que les scientifiques apprennent à mieux connaître l’ESB.

En octobre, l’Office international des épizooties (OIE, qui a son siège à Paris), a noté qu’il n’avait « jamais suggéré un embargo total sur les animaux et les produits animaux provenant de pays infectés par l’ESB ».

L’OIE a estimé que les pays devraient déterminer les mesures à prendre avec leurs partenaires commerciaux en tenant compte de la situation.

Pendant ce temps, les enquêteurs tentent de déterminer si le premier cas américain d’ESB, une vache laitière de race Holstein, a reçu la même alimentation que le cas d’ESB détecté en mai dans l’Alberta – une vache Black Angus née au Canada. Il s’agissait du second cas d’ESB recensé au Canada. Le premier cas avait été diagnostiqué en 1993 sur un animal importé de Grande-Bretagne.

Des analyses ADN sont en cours au Canada et aux Etats-Unis pour déterminer si la vache Holstein est née au Canada. Les résultats devraient être connus la semaine prochaine.

Les Etats-Unis veulent convaincre le monde d’acheter leur boeuf
Une semaine après la découverte d’un cas d’encéphalite spongiforme bovine dans l’Etat de Washington, les Etats-Unis tentent de convaincre les pays qui achetaient jusqu’ici du boeuf américain de reprendre leurs importations.

Une bonne vingtaine de pays ont interdit le boeuf américain, ce qui a fait chuter de près de 20% le cours du bétail. Habituellement, 10% du boeuf américain est exporté, ce qui représente 3,2 milliards de dollars par an.

Le gouvernement américain a annoncé cette mesure plusieurs mesures de précaution – notamment l’interdiction de l’introduction dans la chaîne alimentaire des bovins « apathiques », incapables de marcher à leur arrivée à l’abattoir, et des précautions portant sur la manipulation des tissus les plus susceptibles de contenir des prions – les protéines à l’origine de l’ESB.

Des responsables américains doivent se rendre la semaine prochaine au Mexique pour exhorter Mexico, deuxième acheteur de boeuf américain, à rouvrir ses frontières.

Le Japon, premier importateur de boeuf américain, s’est montré peu empressé de reprendre ses achats, mais il enverra la semaine prochaine des experts en sécurité alimentaire aux Etats-Unis pour évaluer la situation.

Pourtant, d’autres pays ayant connu semblable mésaventure ont dû attendre longtemps avant de pouvoir reprendre leurs exportations de boeuf.

Lorsque le Canada a annoncé son premier cas depuis une dizaine d’années, en mai dernier, les Etats-Unis ont immédiatement suspendu toutes leurs importations de boeuf et de produits bovins canadiens jusqu’au 8 août. A cette date, ils ont autorisé les importations de boeuf désossé provenant d’animaux de moins de trente mois.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

United States Department of Agriculture (USDA)
http://www.usda.gov/

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