Les autorités relancent les ventes de volailles “propres” au Vietnam

Ha Tay (Vietnam), 15 décembre 2005 – Soucieuses depuis des mois en raison d’une mévente généralisée des volailles, les autorités ont relancé les ventes de produits « propres » afin de limiter des pertes des éleveurs au Vietnam où la grippe aviaire n’est que partiellement contrôlée.

Une première boutique a été rouverte dans ce but il y a une dizaine de jours dans la province d’Ha Tay, à 15 km au sud-ouest d’Hanoï, où des gens peuvent acheter des poulets et des oeufs déjà préparés, mais crus et emballés dans des sacs en nylon après contrôle vétérinaire.

« Nous vendons chaque jour entre 400 et 500 poulets, contre une centaine seulement au début du mois », a déclaré à l’AFP Tran Thien Quan, directeur de la boutique Phuong Hien du groupe d’élevage thaïlandais Charoen Pokphand, installé à Ha Tay, où 10 000 volailles avaient été détruites à cause de la grippe aviaire il y a un an.

« Venez ici avec nos poulets et nos oeufs propres », peut-on lire sur une longue banderole rouge déployée devant la boutique dans laquelle 20 vendeuses travaillent devant cinq vitrines climatisées, tandis que d’autres distribuent gratuitement des morceaux de poulets rôtis aux écoliers.

« Nous vendons un poulet de trois kilos pour 3 dollars seulement, soit trois fois moins cher que son prix réel avant l’épidémie. Plus de 6 000 oeufs sont aussi vendus chaque jour chez nous », insiste une de ces employées, Nguyen Thi Duyen.

« Aux premiers jours, nous devions convaincre nos clients en leur donnant des explications et leur montrant des tampons de contrôle vétérinaire apposés sur chaque poulet en vente. L’élevage, l’abattage et la vente de nos poulets ont été réalisés sous surveillance des experts vétérinaires », a ajouté la vendeuse.

« J’ai eu des inquiétudes au début, mais j’ai davantage confiance car la situation s’est améliorée. J’ai acheté des poulets pour ma famille et mes proches qui n’en ont pas mangé depuis des mois », confie, de son côté, Nguyen Quang Hong, enseignant de 52 ans venu d’Hanoï.

En vue de sauver l’élevage des volailles, dix points de vente de volailles déjà soumises à des contrôle vétérinaires ont rouvert cette semaine leurs portes dans la capitale vietnamienne où beaucoup d’habitants restent prudents après la récente annonce de nouveaux cas humains en Thaïlande et en Indonésie et de nombreuses campagnes d’informations dans les médias étatiques.

« Nous comptons d’ouvrir prochainement d’autres boutiques similaires dans d’autres provinces du nord, dont Hanoï », qui ont été sévèrement touchées cette année par la grippe aviaire, a assuré le patron de Phuong Hien.

Selon des chiffres officiels, le Vietnam reste le pays le plus durement atteint dans le monde par le virus qui y a fait depuis fin 2003 au moins 42 morts.

Des économistes ont estimé mardi que la grippe aviaire avait fait perdre quelques 70 millions de dollars chaque mois au Vietnam où les fermes d’élevage et les paysans se sont lourdement endettés ou ont été menacés de faillite.

C’est la troisième année consécutive que l’épidémie touche ce secteur, avec 25 de ses 64 provinces contaminées et 3,5 millions de volailles abattues depuis début d’octobre.

Le ministre de l’Agriculture, Cao Duc Phat, avait publiquement mangé du poulet la semaine dernière et appelé les autorités à « des actions concrètes pour aider les éleveurs et les commerçants de volailles ».

Son appel est survenu à un moment où les 82 millions de Vietnamiens se préparent à célébrer fin janvier le « Têt du Chien », leur Nouvel An lunaire coïncidant comme d’habitude avec la période du « boom de consommation » au Vietnam.

Source : AFP

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