Les bénéfices de Bayer ont fondu de moitié en 2001

France, 13 mars 2002 – Bayer, le géant allemand de la chimie et de la pharmacie, a été confronté l’an dernier à « des problèmes et des défis sans précédent », a reconnu son PDG Manfred Schneider en présentant les résultats du groupe pour l’exercice 2001. De fait, les chiffres ont de quoi « refroidir » – Schneider dixit – les plus enthousiastes: le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 2% à 30,3 milliards d’euros, cependant que le bénéfice opérationnel a chuté de 51% pour tomber à seulement 1,6 milliard d’euros. Dans le même temps, le bénéfice net a dégringolé de 47%, passant sous la barre du milliard d’euros à 965 millions.

Ces très mauvais résultats proviennent d’une part de la baisse d’activité des divisions Polymères et Chimie, très affectées par le ralentissement économique, et d’autre part des déconvenues enregistrées dans la division Pharmacie, avec bien entendu le retrait du marché de l’anticholestérol vedette de Bayer, le Lipobay/Baycol, qui à lui seul a fait baisser le chiffre d’affaires de 700 millions d’euros.

Confronté à ces très mauvais résultats, Bayer a entrepris de se réorganiser de fond en comble sur la base de quatre nouvelles divisions autonomes – santé, protection des cultures, polymères, chimie – placées sous la tutelle d’une holding de tête, avec à la clé un programme d’économies, qui devrait atteindre 1,8 milliard d’euros d’ici 2005. Celles-ci seront le fruit d’une série de désinvestissements des activités non stratégiques en 2002 (Haarman & Reimer, Rhein Chemie Rheinau, activité génériques en France, Espagne, Afrique du Sud) et des synergies attendues de la réorganisation. Non chiffrées, les synergies pourraient atteindre des centaines de millions d’euros selon Werner Wenning, le directeur financier. Plus souple et plus transparent, le nouveau Bayer sera opérationnel le 1er janvier 2003, même si juridiquement le nouveau dispositif ne sera bouclé que le 1er juillet 2003.

Le chimiste allemand entend mettre sa nouvelle structure à profit pour multiplier alliances, partenariats et accords de coopération. L’ensemble de ces décisions devrait permettre a Bayer d’accroître « considérablement » son résultat net en 2002. Toutefois, le directeur financier s’est refusé à donner des chiffres compte tenu des incertitudes qui pèsent sur le prix du baril de pétrole, les volumes de ventes de la division polymères, et du flou qui entoure la conjoncture américaine. « Nous fournirons toutes les précisions en donnant les résultats du premier trimestre », a assuré M. Wenning, appuyé par le Pdg de Bayer, Manfred Schneider, qui s’est dit « tout à fait confiant dans l’avenir ». La division santé, dont les ventes ont été très affectées par le retrait du marché mondial du médicament vedette du groupe Baycol (0,7 milliard d’euros) devrait voir sa rentabilité et ses gains s’accroître de façon « significative » grâce notamment au Cipro. Ce médicament compte désormais 14 indications (dont la maladie du charbon) et réalise le plus gros chiffre d’affaires de la division pharmaceutique, à 2 milliards d’euros. Le Vardenafil, traitement de l’impuissance, pour lequel Bayer a signé un accord de co-promotion avec GlaxoSmithKline, devrait aussi y contribuer. Le lancement est attendu sur les marchés américain et mexicain au deuxième semestre 2002.

L’intégration d’Aventis CropScience qui mettra Bayer en position de leader mondial de l’agrochimie, devrait garantir une marge opérationnelle de 20% à cette activité, et son chiffre d affaires estimé de 7 milliards d’euros devrait atteindre 8 milliards d’ici à 2005. Autant de propos destinés à rassurer les actionnaires, qui devront se contenter d’un dividende de 0,90 euro par action, en baisse (après sept années de hausse consécutive) de 50 centimes.

Source : Les Échos

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Aventis CropScience

http://www.ca.cropscience.aventis.com/

Bayer

http://www.bayer.com/

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