Les facteurs sous votre contrôle pour maximiser la première coupe de foin

 Bannière Christian Duchesneau*Saviez-vous que votre première coupe de foin représente près de 50% du rendement annuel de vos fourrages, et ce, avec un bon taux de protéines et la possibilité d’atteindre le plus haut taux de digestibilité de toutes les coupes subséquentes. Il est donc important d’en maximiser la qualité et la quantité. Comment ?

 En prenant le même soin dans le choix de vos variétés de fourragères que vous le faites pour vos hybrides de maïs, de soya ou de céréales.

Prenez comme exemple la luzerne, vous pouvez choisir votre cultivar selon différents critères, soit le rendement relatif, l’indice de survie à l’hiver, la qualité fourragère, le regain, les cotes de résistance aux maladies, le type de racine et la dormance automnale.

En éliminant le plus possible les mauvaises herbes.

Dans les prairies établies, il faut continuer à exercer un contrôle rigoureux des mauvaises herbes. Certaines plantes à feuilles larges comme le laiteron des champs, la barbarée vulgaire et l’asclépiade sont très apparentes dans le foin et en diminuent la valeur alimentaire. Le pissenlit prolifère rapidement dans les zones où la luzerne a été détruite pendant l’hiver et où la densité de graminées est faible. Le pissenlit se retrouve alors en abondance dans le foin de première coupe.

En optimisant la période de récolte

Le cumul des degrés-jours sur une base de 5 ºC s’avère un très bon outil pour vous donner le signal d’aller visiter vos champs et éclairer votre décision quant au moment d’effectuer la première coupe, selon vos objectifs visés en termes de qualité alimentaire et de rendement. Visitez http://www.agrometeo.org/indices/category/plantes_fourrageres

Il se situe généralement à plus ou moins 300 degrés-jours pour certains cultivars de fléole (mil). À tout près de 250 degrés-jours pour le dactyle et autour de 275 pour l’alpiste roseau. Pour la luzerne, il faudrait débuter la coupe lorsqu’on atteint 400 degrés-jours. Il faut évidemment continuer de surveiller le stade de croissance optimal des plantes. Pour les graminées, celui-ci se situe de la fin de la montaison jusqu’au début de l’épiaison, et pour les légumineuses, de la fin des boutons floraux jusqu’au début de la floraison.

Quant au suivi de la qualité fourragère d’une prairie à prédominance de luzerne, il existe aussi la méthode PEAQ (predictive equations for alfalfa quality) qui a été développée à l’Université du Wisconsin et qui consiste à évaluer la teneur en NDF de la luzerne dans un peuplement sur pied à partir de la tige la plus longue et de la tige à l’état de maturité le plus avancé, voir le http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/info_ndf.htm.

En coupant à la bonne hauteur

La hauteur de coupe a un impact sur le rendement et la qualité de la récolte. Il est recommandé d’avoir une hauteur de coupe de 5 à 7.5 cm (cm au-dessus du sol) pour les champs à prédominance de luzerne, et de 10 cm pour ceux à prédominance de graminées. En coupant à cette hauteur il est vrai que l’on réduit quelque peu la qualité du fourrage, mais on améliore le potentiel de rendement en lait par acre.

En fauchant avec le déflecteur à largeur maximum

Un andain plus large maximise le temps de séchage. Une largeur de coupe de 12 pieds mis en andain de 9 pieds au lieu d’une bande de 6 pieds aura un temps de séchage 35% plus rapide. Avec une bande de fourrage plus large on peut atteindre un taux d’humidité de 65% en l’espace de 5 à 8 heures, permettant la récolte d’ensilage d’un jour et d’atteindre des conditions pour la récolte de foin sec au moins une demi-journée plus rapidement. Cela réduit la perte de matière sèche dans le champ et améliore la qualité du fourrage.

En ayant une méthode de récolte adéquate

Les méthodes de récolte peuvent également avoir un impact important sur la qualité et la quantité des fourrages. Si vous voulez vous débarrasser de l’humidité rapidement, éviter tous conditionnements lors de la récolte, afin d’éviter de briser les tiges et d’empêcher la principale voie de sortie de l’humidité. Affuter adéquatement les couteaux de la fourragère afin d’améliorer les conditions de fermentation, d’économie d’énergie, et de minimiser l’usure de la machinerie.

En entreposant vos fourrages

Un entreposage adéquat des fourrages est également un élément important à surveiller. Pourquoi travailler si fort à produire de la qualité et du rendement mais pour éventuellement entreposer le foin à l’extérieur et ainsi perdre de 15 à 30% de matière sèche plutôt que l’abriter correctement dans un hangar ou sous une bâche sur une surface bien drainée pour réduire au minimum l’absorption d’humidité dans la partie inférieure des balles. Il n’y a aucun sens à jeter 20 $ par la fenêtre pour chaque 100 $ que vous généré. C’est payant d’entreposer correctement vos fourrages!

Texte réalisé par Christian Duchesneau, agronome- Expert Fourragères et Gazon chez Synagri, et en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères.

 

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