Les faits sur Doha – Peter Clark presse les parlementaires de réagir

Ottawa (Ontario), 18 juin 2007 – Peter Clark, président du cabinet Grey, Clark, Shih et associés, situé à Ottawa, a indiqué aux parlementaires canadiens que les modalités de négociation du cycle de Doha sur le commerce agricole entraîneront des répercussions néfastes claires pour le Canada, et que les exportateurs de céréales, d’oléagineux et de bétail du pays en tireront relativement peu de gains nets.

« Si elles sont fondées sur ses rapports, les modalités de négociationélaborées par l’ambassadeur de la Nouvelle-Zélande, Crawford Falconer, serontvraisemblablement mauvaises et asymétriques », a déclaré M. Clark aux membresdes comités de l’agriculture et du commerce de la Chambre et du Sénat(1).

« Il est extrêmement optimiste de s’attendre à ce que les membres du G4soient enchantés », a affirmé M. Clark. « Il est beaucoup plus probable que lesparties négocient des concessions mutuelles, qu’elles en viennent à un accord”à prendre ou à laisser”. » Il prévoit que les pays en développementrejetteront un accord aussi déséquilibré, eux qui en ont « ras-le-bol de ne pasvoir leurs besoins véritables pris en compte ».

M. Clark décrit l’initiative de l’ambassadeur Falconer comme une démarcheimportante pour rouvrir les négociations, ajournées abruptement et de façonalarmiste. Il s’attend à des résultats « très peu consistants ». « L’ambassadeurFalconer n’est pas responsable de cette situation catastrophique. Il devaitagir avec peu et en une année à peine, étant donné la mauvaise gestioninstitutionnelle et l’absurdité de la situation », a expliqué M. Clark.

« Maintenant, il doit tenter de garder le plus grand nombre possible de paysdans le processus. »

M. Clark rappelle: « Nous avons vu à Doha qu’un seul pays peut entraver leconsensus sur un accord déséquilibré. Alors que les intérêts des pays du G33et du G90 sont demeurés insatisfaits, la réponse à un accord “à prendre ou àlaisser” pourrait bien être: “Non merci!”. »M. Clark a soulevé les points suivants:

  • Les Etats-Unis pourront fournir plus de soutien qu’en 1995.
  • L’Union européenne obtiendra le crédit pour les réformes de la CAP dont on a besoin à l’interne.
  • Le prétendu soutien découplé n’est pas de la « catégorie verte » et amènera des problèmes.
  • M. Falconer traitera la hausse des tarifs, l’aide alimentaire et les crédits d’exportation d’une manière qui éliminera les gains possibles pour les agriculteurs et les éleveurs du Canada.
  • Une nouvelle clause de paix, toujours à l’étape de la négociation, annulera les nombreuses concessions faites par les gros joueurs.

« Les mesures potentielles offriront bien peu aux agriculteurs et auxéleveurs du Canada. Le Canada doit faire de la prévention de l’érosion desmarchés une priorité incontournable, en négociant les arrangementspréférentiels avec les pays sur lesquels il a les yeux rivés! »

M. Clark a poursuivi en expliquant que les négociations sur l’agriculturene sont pas le seul obstacle; des différences importantes existent dansl’accès au marché non agricole, aux mesures de protection et aux règles (ycompris la tentative des Etats-Unis de rendre à nouveau légitime la prise encompte d’une marge nulle (zeroing)). « N’importe lequel de ces obstacles peutfaire échouer les négociations », a averti M. Clark.

Il poursuit: « Le Canada doit abandonner sa foi aveugle en lalibéralisation du commerce multilatéral. Cette approche a peut-être fonctionnédans le passé, mais dans la nouvelle OMC, c’est un gage de désastre. Cetteapproche utopique nuit à des milliers d’agriculteurs et d’éleveurs canadiens. »

(1) Le document se trouve à l’adresse www.greyclark.com

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