Les Français à table : une forte différence entre le menu et le vrai contenu de l’assiette

Paris (France), 15 janvier 2003 – Les Français seraient-ils hypocrites à table? Alors qu’ils se posent en avocats d’une alimentation équilibrée, le Credoc (Centre de recherches pour l’étude et l’observation des conditions de vie) relève qu’il existe un fossé entre ce qu’ils affirment manger et ce qu’ils consomment réellement…

« Dans leur discours, les Français privilégient une alimentation variée et équilibrée, qui évite les sucres et les graisses », a souligné mercredi Franck Lehuédé, chargé d’études au Credoc. « Mais ça reste assez théorique ».

« Quand on observe les comportements, les produits qui augmentent le plus en terme de consommation ces dernières années sont les sodas et les pâtisseries et viennoiseries », a-t-il expliqué à l’Associated Press. Dans le même temps, « les produits qui ont une très bonne image auprès des Français, comme les fruits et les légumes, sont en régression ».

Deuxième attente des consommateurs derrière la composante nutritionnelle: la sécurité. La crise de confiance très forte qu’ont provoqué les affaires de la vache folle et du poulet à la dioxine dans la seconde moitié des années 1990 est aujourd’hui résolue. Mais les Français n’accordent plus une « confiance béate », a noté M. Lehuédé. « Ils ont pris conscience qu’il fallait être vigilant. ils ont de nouveau confiance, pas une confiance aveugle mais une confiance raisonnée ». Ils font notamment attention aux labels, aux AOC (appellations d’origine contrôlée) et aux marques.

La troisième exigence est celle de la commodité. « Pourquoi faire compliqué si on peut faire simple? » Les Français ont « envie de gagner du temps sur des tâches qui ne sont pas considérées comme essentielles » telles les courses ou la cuisine, a affirmé le chargé d’études du Credoc.

Les études CAF (Comportement alimentaire des Français) menées en 1988, 1995, 1997 et 2000 montrent qu’en douze ans, le temps de préparation du dîner est passé en moyenne de 42 à 36 minutes en semaine et de 60 à 44 minutes le week-end. Sur cette même période, les aliments transformés (légumes précuits, sauces, plats cuisinés, etc.) ont nettement progressé.

« On a beaucoup perdu de compétences » culinaires, a estimé M. Lehuédé, ajoutant que les cuisiniers d’aujourd’hui ne savaient plus concocter de blanquette de veau ou de boeuf bourguignon à partir des viandes non découpées et des légumes bruts. « On utilise des produits transformés pour les cuisiner sans en réaliser toutes les étapes ».

Source : AP

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