Les inondations menacent le centre, l’agriculture sinistrée dans le nord

Paris (France), 8 mai 2001 – Les inondations en France menacent désormais la région touristique des châteaux de la Loire au centre du pays après avoir mis à mal les régions agricoles du nord, sans que les responsables locaux ne puissent mardi promettre un répit dans les intempéries.

Au moins quatre départements du centre, le Cher, l’Indre, le Loir-et-Cher, et l’Indre-et-Loire, vivent dans la crainte de voir les fleuves et les rivières qui les traversent grossis par des semaines de pluies torrentielles sortir de leurs lits.

La Loire, le plus long fleuve de France avec plus de 1000 km, est montée de façon inquiétante à Langeais, dans la zone touristique des châteaux de la Loire, qui à cette époque attirent déjà des milliers de touristes français et étrangers.

« La crue dans le bassin de la Loire commence à préoccuper les riverains », a titré mardi Le Monde.

Les affluents de la Loire, comme le Cher et l’Indre, ont inondé des champs et des villages, notamment dans la région de Vierzon et de Tours. L’armée a dû être mobilisée pour ériger les premières digues de sacs de sable.

Des volontaires ont été recrutés par les mairies des environs pour remplir des sacs en prévision d’une détérioration de la situation.

« On attend une deuxième vague (de crues) mercredi sur le Cher, laquelle aura des difficultés à s’écouler du fait du haut niveau des eaux de la Loire », a averti le directeur de cabinet de la préfecture d’Indre-et-Loire Nicolas de Maistre.

« Nous sommes très vulnérables à la météo car de nouvelles pluies grossiraient immédiatement les rivières, les sols étant gorgés d’eau, et les changements pourraient alors être brutaux », a-t-il ajouté.

Le journal Libération qui fait sa « une » sur le mauvais temps et ses conséquences désastreuses pour l’agriculture a commenté avec humour le mauvais temps qui a battu des records ces derniers mois, notamment en Picardie.

« Une petite moitié de la France est en train de découvrir les charmes du climat britannique avec les conséquences qui en découlent inévitablement, en particulier la pratique compensatoire de l’humour », a souligné le journal dans son éditorial.

Mais c’est sur un ton plus sérieux qu’il a présenté dans un dossier intitulé les « blés dans l’eau », les conséquences des pluies « qui fragilisent encore un peu plus un monde agricole déja éprouvé par la vache folle et la fièvre aphteuse ».

Le déluge de ces dernières semaines, « troisième fléau des campagnes », compromet les semis de printemps et oblige les éleveurs à laisser leurs bêtes à l’étable plutôt que de les voir courir le risque de s’enfoncer jusqu’aux genoux dans le sol détrempé des champs.

La récolte de blé devrait donc être beaucoup moins bonne en 2001 que l’an dernier, tout comme la production de pommes de terre et de betteraves.

« Les inondations rappellent l’intrication de l’agriculture dans la société et parce qu’elles obligeront à des aides et des investissemnts publics elles devraient aider la profession parfois mal aimée, souvent mal aimable, à sortir de son autarcie mentale », a ajouté le quotidien.

Et Libération, comme de nombreux commentateurs depuis le début des crises à répétition dans l’agriculture, a appelé à une réflexion en profondeur sur un secteur économique qui fait de la France la première puissance agricole européenne.

Source : AFP

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