Les ministres de l’Agriculture privent les consommateurs canadiens des produits à base d’huile végétale

Toronto (Ontario), 7 juillet 2003 – L’Industrie de l’huile végétale du Canada (IHVC), représentant les producteurs de canola du Canada, les transformateurs d’oléagineux et les fabricants de produits alimentaires à base d’oléagineux, tels que les margarines et les huiles à friture à base de canola, a demandé cette semaine aux ministres fédéral et provinciaux de l’Agriculture de respecter les engagements échus visant à éliminer les règlements défavorables aux produits à base d’huile végétale qui offrent une solution de rechange aux produits laitiers.

« Les nutritionnistes recommandent présentement de diminuer les graissesanimales saturées et de les remplacer par des corps gras poly-insaturés ou pardes matières grasses mono-insaturées à base de plantes que l’on retrouve dansles huiles végétales telles que les produits à base de canola. Et pourtant, lemarketing des produits à base d’huile végétale est sérieusement entravé pardivers règlements provinciaux qui devaient avoir été éliminés il y a près desix ans aux termes de l’Accord sur le commerce intérieur », a déclaré ErnieDoerksen de la Canadian Canola Growers Association, un des membres de l’IHVC.

En vertu de l’Accord sur le commerce intérieur (ACI), les ministres del’Agriculture se sont engagés à harmoniser les normes sur la margarine et surles mélanges laitiers (mélanges de beurre et de margarine) avant le 1erseptembre 1997, mais ne l’ont pas fait durant les six années écoulées depuisla date limite. En outre, les ministres devaient avoir examiné la portée et lechamp d’application du chapitre de l’ACI portant sur l’agriculture avant le1er septembre 1997 mais ont maintes fois repoussé cet engagement.

C’est un fait bien connu que la consommation de graisses saturées accroîtle risque de maladie du coeur. Avant la rencontre annuelle du 8 juillet àWinnipeg, les membres de l’IHVC ont présenté aux ministres une étude menée enFinlande démontrant l’importance de choisir des tartinades faibles en graissessaturées plutôt que des produits riches en graisses saturées et lesrépercussions sur le taux de décès dus aux maladies coronariennes. En 1972,90 p. 100 des sujets étudiés ont utilisé du beurre sur le pain et le tauxcorrespondant de décès dus aux maladies coronariennes s’élevait à 671personnes par 100 000 habitants. En 1992, 20 p. 100 des sujets ont utilisé dubeurre, tandis que la majorité a utilisé des pâtes à tartiner, de la margarineet des mélanges à faible teneur en matières grasses. Le taux correspondant dedécès dus aux maladies coronariennes a chuté à 324 par 100 000 habitants, cequi représente une diminution de plus de 50 p. 100.

Une étude effectuée à l’Université Harvard dans les années 70 et 80,portant sur 90 000 femmes et 50 000 hommes et confirmée en 1989 par un rapportde la National Academy of Sciences, a révélé que l’incidence de maladie ducoeur est fortement influencée par le genre de graisse alimentaire consommée.La consommation de corps gras poly-insaturés et de matières grasses mono-insaturées à base de plantes diminue le risque, tandis que la consommation degraisses saturées augmente le risque.

Selon Santé Canada, « les troubles cardiovasculaires occasionnent7,3 milliards de dollars de frais directs et 16,9 milliards de dollars defrais indirects par an ». (Etude d’impact de la réglementation) Récemment, laministre de la santé, l’honorable Anne McLellan, déclarait que « Les mauvaiseshabitudes alimentaires…ont un effet désastreux sur la santé des Canadiens etcelle de notre système de santé… On évalue à 6,3 milliards de dollars parannée le fardeau économique attribuable à une mauvaise alimentation, dont1,8 milliard de dollars en coûts directs pour les soins de santé ».

L’élimination de la discrimination réglementaire à l’égard des produitsde rechange à base d’huile végétale satisferait également aux besoins des20 p. 100 des Canadiens ayant une intolérance aux produits laitiers. Jusqu’à95 p. 100 des adultes asiatiques ont une intolérance aux produits laitiers,74 p. 100 des membres des Premières nations, 70 p. 100 de la communauté noireet 15 p. 100 des gens de race blanche. Comme l’indiquent les données durecensement de 2001 publiées récemment, les minorités visibles – dont les deuxtiers sont d’origine chinoise, sud-asiatique et des gens de race noire -représentent maintenant 13,44 p. 100 de la population, comparativement à11,21 p. 100 en 1996. En conséquence, la sous-population du Canada qui a uneintolérance aux produits laitiers représente une proportion de plus en plusgrande de la population totale.

« Les ministres de l’Agriculture sont vivement encouragés à respecter lesengagements aux termes de l’ACI qui amélioreront la santé des Canadiens,réduiront les coûts associés au traitement des maladies d’origine alimentaire,particulièrement les maladies cardiovasculaires, et répondront aux besoins despersonnes ayant une intolérance aux produits laitiers dont le nombre continued’augmenter au Canada », a poursuivi M. Doerksen.

Dans une lettre au ministre de l’Industrie, Allan Rock, le ministrefédéral de l’Agriculture, Lyle Vanclief, affirme que l’objectif du Cadrestratégique pour l’agriculture (CSA) du gouvernement fédéral est de faire duCanada un chef de file mondial de la sécurité des aliments, de l’innovation etde la production écologique. Et pourtant, le CSA ne mentionne pas la nécessitéd’éliminer les obstacles au commerce intérieur pour stimuler le marchénational.

« Le respect des engagements non réglés, en vertu de l’ACI, renforceraitl’industrie alimentaire à valeur ajoutée, lui permettant de réaliser deséconomies d’échelles nationales qui mèneraient à la création de nouveauxproduits sains et rehausseraient notre compétitivité internationale », adéclaré M. Doerksen.

Dans une lettre datée le 30 juin 2003, l’IHVC demande aux ministres des’engager à mettre en oeuvre immédiatement tous les engagements en suspens auxtermes du chapitre sur l’agriculture de l’Accord sur le commerce intérieur.

L’Industrie de l’huile végétale du Canada (IHVC) est un organismeindustriel sans but lucratif représentant les cultivateurs de canola duCanada, les transformateurs d’oléagineux et les fabricants de produitsalimentaires à base d’oléagineux dont la contribution au Produit intérieurbrut du Canada s’élève environ à 9 milliards de dollars par an. Font partie del’organisme la Canadian Canola Growers Association, le Conseil canadien ducanola, la Canadian Oilseed Processors Association (représentant ADM Agri-Industries Company, CanAmera Foods, Canbra Foods Ltd. et Cargill Limited) etUnilever Canada.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Industrie Canada
http://www.ic.gc.ca/

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