Les prix des engrais demeurent élevés

potasse

À un mois et demi des semis au Québec, le prix des engrais demeure stable, à un niveau élevé. Les producteurs doivent s’attendre à payer plus cher qu’au printemps 2010.

Les perturbations dans les prix des grains au cours des dernières semaines ont eu peu d’impact sur les engrais, une commodité au prix beaucoup moins          « fluide » que ceux des grains.

« Malgré le coût élevé des engrais, ça sera quand même assez rentable (de fertiliser ses champs) », a indiqué en entrevue Gilles Lavoie, directeur du service des fertilisants à La Coop fédérée.

Avec les prix des grains qui demeurent élevés malgré les récentes corrections, les agriculteurs voudront fertiliser aux bonnes doses, pour « aller chercher cette dernière tonne » de rendement dans leurs champs, croit Gilles Lavoie.

Le phénomène s’est observé à l’automne aux États-Unis. En Europe, on remarque aussi que les agriculteurs achètent de bonnes quantités d’engrais, confiants que cela se justifie par les prix qu’ils obtiennent pour leurs récoltes.

Très élevé, le prix du pétrole soutient aussi le prix des fertilisants à un haut niveau. Selon Gilles Lavoie, nous ne sommes pas près d’un « point de rupture », qui ferait que les agriculteurs cesseraient de boucler des achats, estimant que les prix des engrais sont trop élevés.

Comme à chaque année, les grands fournisseurs d’engrais au Québec n’ont eu d’autre choix que de boucler une partie importante de leurs achats à l’automne en prévision des ventes aux agriculteurs ce printemps, même si cela leur avait joué un tour en 2008-2009.

Ce qui a changé, d’après Gilles Lavoie, est la fréquence des communications entre les représentants et leurs clients agriculteurs, ces derniers étant de plus en plus intéressés à fermer le prix de leurs intrants à divers moments dans l’année, quand ils jugent que le prix est avantageux dans leur calcul de coûts de production.

« Beaucoup de producteurs nous appellent pour nous dire : je vends ma prochaine récolte, alors je voudrais fermer le prix de mon engrais (pour cette future récolte) », rapporte Gilles Lavoie.

Il est donc de plus en plus commun de voir des producteurs, dès l’automne, vendre une partie de leur récolte de l’automne suivant, puis boucler aussitôt leurs achats d’intrants à des prix qui leur permettront de dégager de bons profits.

Le modèle d’affaires des fournisseurs d’intrants s’est beaucoup adapté en réaction à la crise de 2008-2009, rapporte Gilles Lavoie. L’offre de service s’est diversifiée pour répondre aux besoins de certains segments, avec comme conséquence que les prix varient beaucoup sur le terrain. Des producteurs des grandes cultures vont carrément chercher eux-mêmes leurs engrais au port, tandis que d’autres continuent à utiliser des conseils agronomiques et à faire livrer leurs achats à la ferme.

Chose certaine, on peut difficilement se comparer aux États-Unis, où les producteurs bouclent des achats d’engrais pour deux applications, à l’automne et au printemps. Cela leur permet notamment de profiter des prix qui sont généralement plus pas au cours de l’été, en prévision de l’application d’automne.

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