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Les semis sur les chapeaux de roues au Québec

« Enfin le climat collabore », lançe François Labrie, spécialiste soya et maïs pour Élite en question sur l’état des semis à cette 2e semaine de mai. « Depuis mercredi, le maïs est débuté en Montérégie. Ça été une grosse journée et la pluie de jeudi a freiné les travaux mais ce sera une grosse fin de semaine. Fraudra que les mères nous pardonnent », a ajouté l’expert en faisant allusion à la fête des mères qui a eu lieu dimanche le 13 mai.

Même son de cloche pour Lysanne Émond, représentante Pioneer pour Lanaudière qui a troqué le foulard pour la crème solaire dans les derniers jours. « C’est très occupé partout. J’étais à Donnacona et ça a décollé partout, même dans les sols lourds. Dans l’Est, c’est un peu plus difficile parce qu’il a fait froid la semaine dernière et que c’est encore humide mais le soleil aide à réchauffer les sols. »

Les conditions sont idéales en ce moment, avec des températures au sol avoisinant les 16 à 18 degrés Celsius. Les sols sablonneux collaborent aussi avec 15 degrés sur la rive-nord. Même dans les endroits les plus frais, la température est adéquate avec 8 à 10 degrés enregistrés.

Selon ses observations, Mme Émond estime que de 25 à 30% du maïs a pu être semé en date du 11 mai tandis que le blé est à somme toute en terre un peu partout. Même les semis de soya ont débuté, même si les progrès sont timides pour le moment. M.Labrie abonde dans le même sens en précisant que 30% des semis de maïs seraient complété dans la région de Saint-Hyacinthe, un chiffre qui se situerait entre 10 et 20% pour le reste du Québec. Il confirme aussi que des semis de soya sont faits en parallèle avec le maïs.

La situation des céréales est variée selon ce qu’il a pu voir. Pour la Montérégie et la région de Montréal, les ensemencements sont à peu de chose près terminés, entre autres parce qu’il se fait moins de céréales et parce que plusieurs ont profité de fenêtres de beaux temps en avril pour semer sur du retour de soya en semis direct. Même que certains champs ont vu le blé émerger dans les derniers jours. Le blé d’automne a pour sa part bien survécu à l’hiver avec de beaux champs verts. « Dans les Bois-Francs, ça a débuté mercredi mais il fallait choisir les champs. Dans le coin de Québec, les céréales et le maïs aussi sont semés »

Les prochains jours augurent bien, à tel point que François Labrie estime que le retard accumulé pourra être rattrapé. « Ce qui est positif, c’est que la météo annonce du temps froid mais avec de belles conditions sèches pour la prochaine semaine. Avec de la pluie seulement prévue mercredi, les gens vont mettre les bouchées doubles pour terminer avant ».

Lysanne Émond observe d’ailleurs que même si le sol est encore très humide, les lits de semences sont faits un peu plus creux en prévision du temps sec qui s’annonce. « À deux pouces de profond, l’humidité est bien présente. Il faut dire qu’après un demi-pouce, c’est parfois à peine sec ». La représentante de Pioneer anticipe également des heures occupées dans les prochains jours. Même les champs en semis direct bien drainés ne devraient pas accuser trop de retard selon elle et pourront être semés.

François Labrie rappelle en terminant de rester prudent, une notion qui peut être négligée dans ces périodes occupées. La prudence est de mise dans les champs et sur la route et à toute heure du jour, ainsi que pour toute la famille. « Il faut faire attention dans les cours : les enfants se promènent un peu partout et les équipements sont gros! »

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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