Les États-Unis vont ficher les produits alimentaires

Washington (États-Unis), 10 octobre 2003 – Il s’agit d’une mesure de prévention contre le terrorisme: pratiquement tous les produits alimentaires aux Etats-Unis devront bientôt faire l’objet d’une procédure de déclaration aux autorités.

A partir du 12 décembre, les autorités américaines obligeront quelque 400 000 entreprises aux Etats-Unis à se déclarer elles-mêmes ainsi que leurs produits auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine de contrôle pharmaceutique et alimentaire.

En outre, toute importation de produits alimentaires devra être signalée aux autorités avant leur entrée sur le territoire. Au moins deux heures avant pour les marchandises acheminées par camion, quatre heures pour celles transportées par avion ou par train et huit heures pour celles transportées par bateau. C’est à l’importateur que reviendra la responsabilité de cette démarche.

« Nous sommes en train de doter la FDA d’outils essentiels pour identifier des aliments potentiellement dangereux et mieux garantir la sécurité de notre approvisionnement alimentaire », a affirmé jeudi le secrétaire aux Services humains et de santé, Tommy Thompson, en annonçant les nouvelles mesures.

Le commissaire de la FDA, Mark McClellan, a souligné que les autorités américaines continueraient à travailler avec les entreprises concernées pour veiller à ce que ces dispositions ne perturbent pas l’activité commerciale.

L’administration Bush avait proposé en mai dernier de fixer le délai de déclaration pour les produits importés à midi le jour précédant leur arrivée sur le territoire national. Mais les professionnels du secteur avaient objecté qu’une telle obligation aurait perturbé par exemple les importations quotidiennes par camions de légumes frais en provenance du Canada et du Mexique.

Susan Stout, vice-présidente des Producteurs agro-alimentaires de l’Amérique (GMA), estime que la FDA semble avoir pris en compte les observations des professionnels.

La FDA et le Bureau des douanes et de la protection des frontières ont également accepté d’échanger les informations recueillies afin que les entreprises n’aient pas à faire deux fois la même déclaration.

Les autorités américaines estiment que ces procédures d’enregistrement leur permettront de répondre plus rapidement aux situations d’urgence, notamment dans l’hypothèse où des terroristes tenteraient d’utiliser des aliments comme vecteurs de propagation de maladies contagieuses.

La mesure devrait coûter 336 millions de dollars (286 millions d’euros) au secteur la première année, estiment les autorités. Les exploitations agricoles ne sont pas concernées dans la plupart des cas. Toutefois, ceux qui fabriquent et vendent des produits comme le fromage seront soumis à la procédure de déclaration.

Source : AP

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