L’Indice Scotia des prix des produits de base recule en décembre

Toronto (Ontario), 23 janvier 2002 – L’Indice Scotia des prix des produits de
base, qui mesure les tendances des prix des principales exportations
canadiennes, a reculé de 1,7 % en décembre pour atteindre son plus bas niveau
depuis la fin de 1996. Actuellement, l’Indice global des prix a diminué de
29 % par rapport à l’an dernier.

« La faiblesse de l’activité industrielle dans les pays du G7, la force du
dollar américain face à un grand nombre de devises, dont le dollar canadien,

ainsi que les températures hivernales anormalement élevées dans toute
l’Amérique du Nord ont concouru à faire diminuer les prix des produits de base
à la fin de 2001 », a déclaré Patricia Mohr, vice-présidente et spécialiste des
produits de base, Etudes économiques Scotia. « Même si les prix des biens
industriels frôlent leur niveau le plus bas et devraient recommencer à croître
de manière soutenue au cours du deuxième trimestre, certains prix sont
toujours à la baisse en janvier et un grand nombre de secteurs connaissent des
diminutions saisonnières normales au premier trimestre. »

« La force du dollar américain exerce une influence déflationniste sur les
prix des produits de base qui sont pour la plupart négociés en dollars
américains. Cette situation est similaire à celle qui prévalait au milieu des

années 1980 lorsque la pondération record du dollar en fonction des échanges a
également entraîné un ralentissement de l’activité industrielle aux Etats-
Unis », a fait remarquer Mme Mohr. « Les coûts de production à l’extérieur des
Etats-Unis enregistrent actuellement une baisse lorsqu’ils sont exprimés en
dollars américains, ce qui permet aux producteurs de ressources dans des pays
comme le Canada de surmonter le fait que les prix des produits de base
exprimés en dollars américains diminuent. La faiblesse du dollar canadien et
du coût des copeaux a permis aux producteurs de pulpe de la Colombie-
Britannique d’enregistrer un bénéfice pour le quatrième trimestre, et ce,
malgré le très bas prix de ce produit. »

Cependant, contrairement au mois de septembre 1985 qui avait vu les
autorités monétaires internationales agir de manière coordonnée en vertu de

l’Accord du Plaza pour dévaluer le dollar américain, tout déclin de cette
devise risque d’être moins important au cours de la prochaine année. Nos
prévisions quant à une amélioration des prix des produits de base en dollars
et à une hausse de l’activité manufacturière américaine plus tard en 2002
dépendent plus de la fin de la correction à grande échelle des stocks ayant
caractérisé la dernière année et du redressement des taux d’intérêts, qui
n’ont jamais été aussi bas en 40 ans, que d’une dévaluation notable du dollar
américain.

L’Indice agricole a augmenté en décembre, car les prix du blé, de l’orge
et du bétail se sont légèrement raffermis, ce qui a largement compensé la
faiblesse des prix du porc et du saumon. En janvier, les prix à terme à
échéance la plus proche du Chicago Board of Trade pour le blé tendre roux
d’hiver ont remonté à plus de 3 $US le boisseau pour la première fois depuis
mars 1998.

« L’année qui vient pourrait finalement voir le redressement tant attendu
des prix du blé, même si, jusqu’à maintenant, la reprise observé au Chicago
Board of Trade n’a eu que peu d’effet sur les prix du blé de force roux de
printemps canadien, un blé de mouture de meilleure qualité », a conclu Patricia
Mohr.

En décembre, l’Indice des produits forestiers a poursuivi sa chute à
cause du déclin généralisé des prix des produits du bois et des pâtes et
papiers. Seuls les prix du papier de couverture kraft se sont maintenus à
400 $US la tonne américaine dans l’est des Etats-Unis, car ils ont été
soutenus par un temps d’inactivité sans précédent dans les papeteries de ce
pays et par une stricte gestion des stocks de la part des producteurs. Les
derniers résultats financiers des producteurs de carton canadiens comptent
parmi les meilleurs du secteur nord-américain des produits forestiers grâce à
la rectification des prix du papier de couverture, qui a été beaucoup plus
légère que la normale, au faible coût des vieux papiers et à une monnaie
concurrentielle.

Les prix de la pâte kraft blanchie de résineux de l’hémisphère nord ont
reculé une fois de plus aux Etats-Unis, passant de 490 $US la tonne en
novembre à 485 $US en décembre, même si les cours se sont maintenus autour de
465 $US en Europe. Les prix du 2×4 en pin-sapin-épinette de l’Ouest ont
également connu un repli, s’établissant à 219 $US par mille pieds-planche en
décembre, comparativement à 223 $US en novembre, tandis que les prix des
panneaux de particules orientées sont passés de 144 $US par millier de pieds
carrés à 131 $US au cours de la même période.

« A la mi-janvier, les prix du bois d’oeuvre ont progressé légèrement,
atteignant 233 $US. Les négociants continuent de faire preuve de prudence au
moment d’acheter étant donné l’incertitude qui prévaut à cause de l’action en
compensation intentée par les Américains contre les exportateurs canadiens de
bois d’oeuvre de résineux qu’ils accusent de dumping », a expliqué Patricia
Mohr. « Le Canada et les Etats-Unis poursuivent leurs pourparlers dans l’espoir
d’en arriver à un règlement négocié. Certaines provinces, dont la Colombie-
Britannique et le Québec, ont proposé d’adopter une méthode de vente aux
enchères similaire à celle des Etats-Unis pour fixer la valeur du bois sur
pied appartenant au gouvernement provincial, en échange de garanties quant à
l’accès au marché américain. »

Mme Mohr a poursuivi en ces termes : « Les Etats-Unis devraient
communiquer leur réponse préliminaire cette semaine à la suite d’une réunion
entre leur négociateur commercial spécial et la ‘Coalition for Fair Lumber
Imports’ (coalition américaine pour des importations équitables de bois
d’oeuvre). Pendant ce temps, Ottawa poursuit ses procédures de contestation
devant l’OMC. Dans le cas où les Etats-Unis décideraient d’imposer des droits
compensatoires et s’il était impossible de parvenir à un règlement négocié, le
Canada portera sa cause en appel devant un groupe spécial de l’ALENA. »

L’Indice des métaux et des minéraux a continué d’augmenter légèrement en
décembre, car les prix des métaux de base, exception faite du zinc, ont
poursuivi leur remontée. En janvier, les prix du nickel se sont raffermis à
2,65 $US la livre. Les prix du brut West Texas Intermediate ont été instables
en janvier. Ils ont d’abord connu une hausse qui a fait osciller les cours
entre 20 $US et 21,50 $US le baril avant de retomber autour de 18 $US.

« La décision de l’OPEP de maintenir une réduction de production de
l’ordre de 1,5 million de barils par jour à compter du 1er janvier a fait
gonfler les prix au début du mois. Pour le restant de l’année, les
perspectives des cours du pétrole dépendent dans une large mesure du respect
des engagements pris par les pays membres de l’OPEP de réduire leur
production », a souligné Mme Mohr. « Le respect des trois séries de réductions
imposées par l’OPEP l’an dernier a été assez élevé, atteignant près de 73 %.
En supposant que les membres manifesteront un niveau similaire pour le premier
semestre 2002, ils réduiront leur production de un million de barils par jour.
Ces diminutions feront plus que créer un équilibre avec le marché mondial pour
le premier trimestre et elles limiteront l’augmentation des stocks au deuxième
trimestre. »

Contrairement au brut léger, le cours du pétrole lourd à Hardisty
(Alberta) a progressé en décembre après la diminution de l’approvisionnement
causée par les fermetures récentes dans l’Ouest canadien. Les prix du gaz
naturel et du propane de la Nymex ont chuté en décembre, s’établissant au
tiers des niveaux records enregistrés à la fin de 2000. La faiblesse de la
demande dans le secteur industriel américain, les températures hivernales de
23,8 % plus chaudes que l’an dernier et les volumes élevés des stocks de gaz
aux Etats-Unis ont entraîné la baisse des prix.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie
des facteurs qui façonnent l’avenir du Canada et de l’économie mondiale,
notamment l’évolution macro-économique, les tendances relatives aux marchés
des changes et des capitaux, aux produits de base et à la performance de
l’industrie, ainsi que les questions liées aux politiques monétaires, fiscales
et gouvernementales.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque Scotia

http://www.scotiabank.ca./ScotiabankFr/index.html

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