L’industrie porcine face à son avenir

salleLes défis que doit relever l’industrie porcine québécoise sont nombreux. Dans un contexte de surproduction nord-américaine de viande et de prix en forte baisse, les producteurs porcins québécois doivent moderniser leurs bâtiments vieillissants et faire face aux normes de bien-être animal qui seront effectives dès juillet 2024.

Malgré une inquiétude de la part des producteurs et une désertion de plusieurs producteurs indépendants au cours des dernières années, des jeunes choisissent la production porcine et les transformateurs s’adaptent à la nouvelle réalité mondiale. Il n’est plus question de compétitions entre les différents maillons de la filière. Il faut créer des partenariats.

Tels sont les constats du Forum stratégique sur l’avenir de la production porcine tenu à Québec le 10 novembre 2016.

Voici quelques éléments de discussion des conférenciers internationaux et ontarien :

Vincent Chatellier

Ingénieur de recherche, directeur du LERECO, laboratoire d’études et de recherches économiques INRA

Vincent Chatellier

Vincent Chatellier

Le volume de porc canadien exporté vers l’Union européenne représente une infime partie de la production européenne qui peine à écouler ses surplus depuis la fermeture de la Russie. De surcroît, la viande de porc canadienne sera déchargée près du plus grand producteur européen qu’est l’Allemagne. Donc, l’Europe n’a pas vraiment de notre production. « Mais amenez-nous la parce qu’on a le goût de la diversité », dit Vincent Chatellier. Un conseil : il faut éviter le porc de commodité.

Brett Stuart

Cofondateur, Global Agri Trends, Université du Nebraska

Brett Stuart

Brett Stuart

Plus que jamais, l’industrie porcine américaine produit de la viande de porc. Cette industrie est maintenant très efficace, préparée pour faire face à une nouvelle crise sanitaire comme la diarrhée épidémique porcine (DEP) et nettement tournée vers l’exportation. Le Mexique est de loin le principal importateur de porc américain. Voilà pourquoi Brett Stuart ne croit pas que le président désigné, Donald Trump, mettra à exécution sa menace de déchirer l’Accord de libre échange nord-américain (ALÉNA). Les États-Unis sont trop dépendant des échanges commerciaux avec ses voisins.

Le potentiel de croissance est encore grand. À court terme, les abattoirs manquent de place, ce qui aura un effet négatif sur les prix jusqu’à la prochaine hausse saisonnière. La baisse des prix pour l’automne 2017 est  une source d’inquiétude. Jusqu’à quel point sera-t-elle importante? Les abattoirs auront-il suffisament augmenté leur capacité? Brett Stuart s’attend à une augmentation de la consommation en raison de l’offre importante de viande.

Ken McEwen

Directeur du campus Ridgetown, professeur de l’alimentation, de l’agriculture et des ressources économiques, Université de Guelph

Ken McEwen

Ken McEwen

La production porcine ontarienne est en mutation. En 2008, l’industrie a dû s’adapter à la mesure protectionniste américaine du Country of Origin Labelling (COOL) et à une nouvelle convention de mise en marché. L’Ontario souffre d’une surproduction comparativement à la capacité d’abattage. Une partie de ses porcs sont abattus au Québec. L’industrie en général démontre une capacité d’adaptation importante. Les fermes porcines ontariennes sont parmis les plus petites au Canada. Leur nombre est élevé, mais en diminution malgré une production stable. L’industrie porcine ontarienne doit encore améliorer sa capacité de réaction à des maladies comme la DEP.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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