L’énergie bio séduit les fermes en Allemagne

Berlin (Allemagne), 28 janvier 2005 – Diesel au colza, gaz à base de lisier, mini-centrales électriques brûlant du bois: en Allemagne, l’énergie « bio » commence à conquérir le monde rural.

Jusqu’à dimanche, la « Semaine verte » de Berlin, plus grande foire agricole européenne, fait la part belle à ces énergies écologiques qui trouvent directement leur source à la ferme, dans les champs et forêts, permettent de faire tourner des exploitations, mais aussi d’écouler des produits sur un nouveau secteur.

Ainsi le colza, l’une des principales sources d’huile alimentaire, s’est découvert une nouvelle vocation dans les stations-essence. Traité à haute température, il est transformé en un « diesel bio » dégageant très peu de dioxyde de carbone (CO2).

En 2004, 1,1 million de tonnes du carburant ont été produites par une vingtaine d’exploitations en Allemagne. Environ 1.800 stations-essence y vendent ce diesel détaxé, surnommé « Flower Power » par le secteur. A terme, jusqu’à 10% du diesel consommé dans l’Union européenne pourrait être du « biodiesel », selon ses promoteurs – contre 2% en Allemagne actuellement.

« Avec ce type de produit, l’écoulement des stocks de colza est assuré », affirme Tobias Mickler, de l’Agence des produits renouvelables (FNR), en montrant des modèles flambant neufs roulant au diesel bio que plusieurs constructeurs automobiles prestigieux exposent à la « Semaine verte ».

A quelques mètres de là, un ingénieur vante les mérites de ses centrales à gaz fonctionnant au lisier (urines et excréments du bétail) fermenté avec du maïs, du seigle ou de l’herbe. L’énergie dégagée est utilisée directement comme source de chaleur par la ferme et le voisinage ou peut être transformée en courant électrique.

« Deux mille fermes utilisent le gaz bio en Allemagne. A terme, la moitié des 400.000 fermes allemandes pourraient être équipées par de telles centrales », affirme l’ingénieur Eckhard Schneider, qui a déjà équipé quatre exploitations en France.

Même système dual de source de chaleur ou de transformation électrique avec des chaudières à bois de toutes tailles présentées à la « Semaine verte ». Subventionnées par les pouvoirs publics, elles alimentent les fermes mais aussi les maisons et ateliers.

Enfin, la foire agricole présente un système bio permettant de neutraliser les désagréments olfactifs d’une porcherie par un savant système de canalisations où plusieurs couches de bois infiltré de bactéries absorbent les particules odorantes.

En 2003, les énergies renouvelables ont fourni 3,1% de la consommation primaire d’énergie en Allemagne (contre 1,3% en 1990), selon le ministère de la Protection des consommateurs. Ces énergies sont très activement soutenues par le gouvernement à composante écologiste en raison de l’amenuisement à terme des ressources en pétrole, des risques du nucléaire et de la prolifération du dioxyde de carbone, peut-être responsable de changements climatiques.

L’« énergie bio » (diesel bio, gaz bio, bois…) est la plus productive du secteur des « renouvelables », devant les énergies éolienne, hydraulique ou solaire, selon le ministère. Chaque année, elle permet d’empêcher l’émission de près de 20 millions de tonnes de C02, selon la même source.

Convaincu que la « biomasse » –des produits organiques utilisés à des fins énergétiques– peut suffire à faire tourner tout un village, celui de Juehnde, près de Goettingen (nord), a décidé d’en faire l’expérience. Sous peu, cette bourgade de 800 habitants ne devrait plus se chauffer et produire son électricité qu’à base de produits végétaux et animaux.

Source : AFP

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