L’opposition plaide pour une mise en oeuvre intégrale de la politique nationale de l’eau

Québec (Québec), 26 novembre 2003 – « Il y a un an jour pour jour, le Québec se dotait de sa toute première Politique nationale de l’eau, l’une des pluscomplètes et avant-gardistes qui soit en matière de développement durable etde préservation de l’environnement ». C’est en ces termes que le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matièred’environnement, M. Stéphan Tremblay, a souligné aujourd’hui le premieranniversaire de l’adoption de la Politique nationale de l’eau.

M. Tremblay a rappelé que la Politique était le fruit d’une importantedémarche de concertation qui a su rallier l’ensemble des Québécois et desQuébécoises autour d’une de nos plus précieuses ressources naturelles : l’eau.Ce travail de longue haleine a débuté en décembre 1997 par la tenue duSymposium sur la gestion de l’eau. Par la suite, le gouvernement du PartiQuébécois a mandaté le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)pour mener une vaste consultation publique sur la question, consultation aucours de laquelle plus de 400 mémoires ont été présentés par les citoyens etgroupes d’intérêts du Québec. La Politique nationale de l’eau s’appuie donclargement sur les recommandations du rapport du BAPE et sur les principes dedéveloppement durable et de la pérennité de l’eau. Elle affirme, notamment,que l’eau fait partie du patrimoine collectif et instaure une vision nouvellede sa gouvernance.

Ainsi, l’opposition officielle plaide pour une mise en oeuvre intégralede la Politique, tel que le Parti libéral s’était engagé à le faire encampagne électorale. Cet engagement a d’ailleurs été réitéré par le ministrede l’Environnement, le 31 mai dernier, lors d’une entrevue donnée au journalLe Devoir.

Malheureusement, le gouvernement Charest semble vouloir revenir surcertaines orientations fondamentales de la Politique. La relance des mini-centrales en n’est qu’un exemple. Le député s’inquiète aussi de l’ouverture duministre des Ressources naturelles, à la demande du président d’Hydro-Québec,quant aux modifications qui pourraient être apportées dans l’unique but deréduire les délais de réalisation des projets hydroélectriques et, ainsi,accélérer les délais d’obtention des permis. « Le gouvernement doit respecterson engagement de consolider le Bureau d’audiences publiques et s’assurer, telque stipulé dans ses engagements, qu’Hydro-Québec, comme tous les ministèreset autres organismes publics, soit soumise aux mêmes règles environnementalesque les entreprises. Aussi, le ministre de l’Environnement doit voir à laprotection des cours d’eau québécois et fermer la porte dès aujourd’hui auxintentions de son collègue quant à la construction de mini-centraleshydroélectriques sur les petites rivières québécoises », a déclaré le député.

Quant à la tarification de l’eau potable, la position du ministre del’Environnement d’installer des compteurs d’eau pour le secteur résidentielest contraire à la Politique. La contribution des citoyens et citoyennes étaitexpressément exclue du régime de redevance. La politique prévoyait plutôt quel’on développe et instaure, de façon progressive, un régime de redevances pourl’utilisation des ressources en eau du Québec afin de financer larestauration, la protection et la mise en valeur de l’eau et des écosystèmesaquatiques, ce que le ministre ne semble pas pressé de mettre en place.Pourtant, ces sommes permettraient d’alimenter un Fonds national de l’eau,prévu à la Politique, afin de financer des mesures concrètes qu’elle prévoit.

Le député s’est toutefois dit heureux que le ministre ait annoncé le maintien du moratoire sur la production porcine. Mais, cette décision ne règle en rien la nécessité d’offrir des outils aux agriculteurs pour qu’ils puissent être en mesure de se conformer aux nouvelles normes environnementales. Il doitannoncer sans attendre les mesures qu’il entend mettre en place afin deprotéger l’environnement, notamment l’eau, et les sommes qui seront engagéespour réaliser ces objectifs.

« Ce gouvernement en est un de contradictions. Nous lui demandons deprofiter de ce premier anniversaire pour annoncer son échéancier visant àmettre en oeuvre de façon intégrale la Politique nationale de l’eau. Larapidité qu’il mettra à matérialiser cette politique sera significative de sesréelles intentions à l’égard du développement durable au Québec. Il ne doitpas manquer sa première chance de faire bonne impression », a conclu le porte-parole.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parti québécois
http://partiquebecois.org/

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