L’étiquetage des OGM pourrait engendrer un litige commercial

Ottawa (Ontario), 12 mars 2002 – Si le Canada allait de l’avant en matière d’étiquetage obligatoire des OGM, cela pourrait déclencher un litige commercial avec les États-Unis, a affirmé le coprésident du Comité consultatif canadien de la biotechnologie, Peter Phillips.

M. Phillips a déclaré devant le Comité des Communes sur la santé que l’étiquetage obligatoire violerait probablement les lois internationales sur le commerce.

Il s’agit d’un nouvel argument dans le débat sur l’étiquetage des aliments modifiés génétiquement.

Dans un document de consultation rendu public l’an dernier, le comité consultatif – qui est formé en majeure partie de représentants de l’industrie alimentaire et des universités – ne mentionnait pas la possibilité de sanctions commerciales, se concentrant plutôt sur les aspects de la santé et de la sécurité.

Un groupe s’est dit choqué par cette éventualité, affirmant qu’il était scandaleux que les Canadiens ne puissent avoir le droit de savoir ce que contiennent leurs aliments.

M. Phillips a indiqué que l’industrie alimentaire canadienne est largement axée sur les exportations et est intégrée avec celle des Etats-Unis, qui s’oppose à l’étiquetage obligatoire.

« Nos réflexions nous ont convaincus que l’étiquetage obligatoire, si nous choisissons d’emprunter cette voie, donnerait matière à des poursuites et pourrait probablement être sujet à une décision défavorable qui affecterait l’accès à notre marché », a-t-il déclaré.

« Cela compliquerait sans aucun doute nos relations avec notre plus important partenaire commercial, les Etats-Unis, et compliquerait l’accès de notre marché au leur et vice versa. »

Les groupes de défense des consommateurs favorisent l’étiquetage obligatoire car ils soutiennent que les aliments transgéniques pourraient poser des risques pour la santé ou l’environnement qui ne sont pas encore connus, et que les consommateurs ont le droit de savoir ce qui se retrouve dans leur assiette.

Des sondages menés dans plusieurs pays démontrent que près de 95 pour cent des gens appuient ce point de vue.

Les opposants à l’étiquetage obligatoire affirment que l’étiquetage des OGM devrait être requis seulement s’il y a un risque connu pour la santé ou si les aliments en question présentent une différence nutritionnelle par rapport aux aliments qui ne sont pas génétiquement modifiés. Un tel risque ou une telle différence n’ont pas été détectés jusqu’à maintenant.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Comité consultatif canadien de la biotechnologie (CCCB)

http://cbac.gc.ca/

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