L’Union paysanne revendique le droit de produire et de vendre pour les fermes du Québec

Sainte-Croix (Québec), 30 novembre 2009 – L’Union paysanne tenait son 9ième congrès annuel, à Ste-Croix de Lotbinière, dans un enthousiasme renouvelé dû à l’impact grandissant de l’organisation. Les principaux thèmes abordés concernaient l’après monopole de l’UPA et l’ouverture du contrôle de la mise en marché des produits agricoles au Québec.

Suite à l’annonce récente de la réforme du soutien à l’agriculture et des importantes coupures à l’assurance-stabilisation (ASRA), l’Union paysanne prévoit de graves difficultés financières pour les fermes spécialisées qui en dépendent, à moins de réforme importante de la loi sur la mise en marché des produits agricoles.

Depuis sa fondation en 2001, l’Union paysanne réclamait une réforme majeure des programmes québécois de soutien agricole qui sont parmi les plus coûteux sur la planète mais qui n’atteignent pas les objectifs espérés. Toutefois, cette réforme doit obligatoirement aller de pair avec une ouverture sur la mise en marché, actuellement largement contrôlée par les fédérations de l’UPA. En effet, pour permettre aux fermes d’améliorer leur revenu, il faut créer un espace dans le magma des plans conjoints, quotas, agences de vente obligatoires et autres canaux centralisateurs de l’UPA. L’agriculture du Québec étouffe et a besoin d’oxygène, pour reprendre l’expression de M. Pronovost, qui a dirigé la commission sur l’avenir de l’agriculture.

L’UPA n’a toujours pas rempli le mandat réclamé par l’ancien ministre de l’agriculture, Laurent Lessard, de prouver qu’ils allaient faire de la place à l’ensemble des agriculteurs. Voyant que l’UPA a négligé depuis le rapport Pronovost d’être autocritique et de se réformer malgré le fait qu’elle était pointée du doigt comme joueur principal ayant contribué à la crise, l’Union paysanne en appelle maintenant au ministre de l’agriculture, Calude Béchard, afin d’appliquer les réformes proposées dans le rapport Pronovost.

Le gouvernement doit redonner à tous les agriculteurs du Québec la possibilité de vendre librement leurs produits à la ferme ou en circuits courts à l’abri des grandes fédérations de l’UPA. C’est par une mise en marché diversifiée et la multiplication des modèles agricoles que nous permettrons aux agriculteurs de renouer avec la santé financière.

Et ce n’est pas seulement une condition pour les productions de faible volume. Beaucoup de grandes entreprises réclament aussi le droit de vendre leur produit directement. Si le régime de contrôle actuel de l’UPA n’est pas rapidement modifié, les coupures dans les programmes de soutien provoqueront une hécatombe parmi les fermes.

Cette révision passe nécessairement par la fin du monopole de l’UPA. Tant qu’il n’y aura que le modèle unique de l’UPA, il n’y aura pas de place pour la diversité. Les fermiers sont d’abord et avant tout des entrepreneurs. Sachons respecter leur créativité et leur autonomie. La multiplication des associations indépendantes d’agriculteurs depuis 8-9 ans démontre que le monopole de l’UPA est déjà brisé sur les fermes du Québec. M Béchard, redonnez-nous notre liberté, ça presse!

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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