L’UPA propose une approche agroenvironnementale renouvelée

Saint-Hyacinthe (Québec), 18 octobre 2001 – Confirmant le rôle de leadership qu’elle joue depuis dix ans en matière d’agroenvironnement, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a profité du Rendez-vous des décideurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire à Saint-Hyacinthe, pour présenter une approche agroenvironnementale renouvelée qui propose les paramètres de ce que devrait être la future stratégie gouvernementale du Québec en matière d’agroenvironnement.

« Si nous prenons ainsi les devants, d’expliquer le président de l’UPA, M. Laurent Pellerin, c’est parce que nous croyons que Québec a besoin d’une nouvelle stratégie agroenvironnementale qui permettra de mener à bien ses efforts globaux d’assainissement des eaux et que le secteur agricole doit compter sur l’Etat pour poursuivre ses efforts environnementaux. Après la pollution ponctuelle, a-t-il souligné, il faut maintenant s’attaquer au contrôle de la pollution diffuse, une tâche beaucoup plus ample qui nécessite des investissements accrus à long terme et une modification de nos modes d’intervention. »

L’approche préconisée par l’UPA s’intègre dans la continuité des efforts qu’elle a mis de l’avant ces dix dernières années. Elle s’inscrit également en droite ligne des objectifs de la stratégie agroenvironnementale qu’elle s’est donnée en 1994 et sur l’ensemble des plans d’action que l’UPA, ses fédérations régionales et spécialisées se sont donnés, lesquels ont d’ailleurs été présentés à l’ouverture du Rendez-vous des décideurs.

Cette nouvelle approche, qui se veut davantage globale et systémique, vise également le soutien d’interventions environnementales à caractère collectif et/ou régional (ex. : intervention à l’échelle de bassins versants). Elle s’articule autour des éléments suivants, qui vont nécessiter, mis ensemble, un investissement global de 1,7 milliard de dollars de la part des producteurs agricoles et des gouvernements (fédéral et provincial) ainsi que des interventions étalées sur un horizon de dix ans.

La sensibilisation

L’UPA préconise une approche qui vise à convaincre plutôt que contraindre. Une telle façon de faire nécessite cependant des ressources humaines pour en assurer l’« animation » (comme les agents en agroenvironnement) ainsi que du financement pour réaliser les activités de sensibilisation, d’information et de formation. L’objectif est de rejoindre un plus grand nombre de producteurs et de les inciter à passer à l’action.

L’accompagnement

L’UPA propose que les activités d’accompagnement, principalement réservées jusqu’ici à la délivrance de services-conseils à la ferme, puissent être étendues à un plus grand nombre de producteurs qu’actuellement et qu’elles couvrent un plus large éventail afin de répondre à de nouvelles attentes et de nouveaux besoins (certification, plan de ferme environnemental). Elle compte, pour ce faire, miser sur un soutien professionnel spécialisé, tels les clubs-conseils.

Le diagnostic

L’UPA envisage que les clubs-conseils en agroenvironnement s’impliquent dans les activités qui visent l’élaboration de plans de ferme environnementaux à la suite d’un diagnostic agroenvironnemental, de façon que les entreprises puissent ensuite mettre en oeuvre un plan correctif avec l’aide d’un conseiller.

La priorisation

La « priorisation » implique que l’entreprise agricole établisse un ordre de priorité dans le choix des actions à poser pour devenir « plus verte ». Le tout doit ultimement conduire chacune d’elles à une certification agroenvironnementale appuyée sur l’implantation d’un système de gestion environnementale (SGE).

Les aménagements et infrastructures

L’UPA préconise deux volets d’action d’aménagements et d’infrastructures. Un premier volet portant sur des actions à la ferme (ex. : structure d’entreposage, haie brise-vent, avaloir, etc.) et un second pour des actions collectives (ex. : stabilisation le long des rives d’un cours d’eau, usine de traitement de lisiers, etc.).

L’écoconditionnalité

L’UPA a déjà donné son appui, en janvier 2001, au principe d’écoconditionnalité, sous réserve de certaines adaptations. Les agriculteurs seront d’autant plus réceptifs à ce concept si l’Etat leur garantit qu’il sera appliqué sous forme de mesures d’accompagnement structurantes plutôt qu’à des fins réglementaires et de contrôle. Il s’avérera également nécessaire de réaliser des études pour mesurer les impacts économiques des pratiques agroenvironnemenales sur les modèles de coûts de production.

L’intervention régionale

L’UPA propose la mise en place d’équipes d’intervention régionales (chapeautées provincialement) qui soutiendrait et coordonneraient la réalisation d’actions sur le terrain (ex. : certaines activités du plan d’action régional de l’UPA ou des projets de gestion de l’eau par bassin versant). S’y regrouperaient un agent en agroenvironnement, les conseillers des clubs, le répondant en agroenvironnement du MAPAQ, les responsables des équipes stratégiques en lutte intégrée des ennemis des cultures, le ministère de l’Environnement (suivi de la qualité des eaux) et autres.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Clubs-conseils en agroenvironnement

http://www.clubsconseils.org

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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