Maïs et soya : moins de rendement prévu

Les potentiels de rendement maximum sont plus faibles que les années passées pour le maïs et le soya

Les organisateurs de la Tournée des grandes cultures ont dévoilé les résultats lors d’un 4 à 6 qui avait lieu à Expo-Champs à Saint-Liboire.

Rappelons que cette année, la Tournée s’est déroulée sur une journée dans trois régions (Montérégie, Centre-du-Québec et Rive-Nord). Les 72 bénévoles ont parcouru 18 trajets prédéterminés et récolté quelque 471 échantillons pour parvenir à un potentiel de rendement pour la prochaine récolte. Ces trajets couvraient 86% des superficies ensemencées de maïs et 76% de soya.

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Avant tout, Cynthia Lajoie, agronome chez Pioneer, a fait une revue de la saison. Une saison qui a mis les cultures et les producteurs à rude épreuve, et ce, dès les semis. “On a eu des journées nuageuses où les sols ne sèchaient pas. Ça s’est étiré pendant longtemps”, a-t-elle résumé. Il y a eu beaucoup de variabilité d’une région à l’autre. L’Abitibi et la Mauricie notamment ont connu un retard aux semis, oui, mais moins qu’ailleurs. L’Estrie, l’Outaouais et la Montérégie ont dû composer avec des retards inhabituels.

À la levée, il y a eu des problèmes de croutage un peu partout, une pression d’insectes plus importante que d’habitude. “Une fois que le maïs a commencé à lever, les choses ont mieux été”, a indiqué l’agronome. La chaleur a ensuite sauvé la mise au point de vue de la maturité du maïs. “À partir du 20 juin, il y a eu une croissance exponentielle. On a grandement rattrapé le retard”, a-t-elle ajouté. Malgré tout, le maïs a fleuri une semaine en retard. “Ça va prendre encore de la chaleur pour atteindre le point noir à des dates respectables.”

Pour le soya, l’agronome a démontré moins d’inquiétude. Il faut s’attendre tout de même à récolter moins de gousses par plant, selon elle. “Certaines régions ont été très sèches au moment du remplissage des gousses. Il reste encore du remplissage à faire, mais de l’eau aiderait grandement.”

Le décompte moyen est de 804 gousses de soya (3 pi X 3 pi) , donc 12% moins que l’an dernier. Photo : Maska Drone

“On est en retard” -Jean-Philippe Boucher

Jean-Philippe Boucher, fondateur de Grainwiz et l’un des organisateurs de la Tournée, a poursuivi en parlant des principaux constats faits par les équipes d’échantillonneurs sur le terrain. En gros, les cultures sont en retard. Beaucoup de variabilité a été observé selon les dates de semis. Alors que le début de saison a été très humide, l’été a été trop chaud et sec. On prévoit donc des récoltes tardives avec des risques de gel. “Les récoltes seront assurément très tardives, mi-octobre, si ce n’est pas fin octobre. Le risque de gel sera un enjeu”, a mentionné Jean-Philippe Boucher.

Pour ce qui est du potentiel maximum de rendement de maïs, les échantillonneurs ont observé la plus faible population depuis que la Tournée existe, soit depuis 2014. “Il manquait parfois des épis. La longueur des épis était faible aussi. Il y avait un bon nombre de grains, mais pas de tip back.” Le nombre de gousses par plant de soya a été également le plus faible observé depuis 2014. Tous ces éléments ont eu un impact sur l’estimation de rendement, qui se situe à 9,65 t/ha pour le maïs, il s’agit donc d’une baisse de 8% par rapport à 2018. C’est le Centre-du-Québec qui a les meilleures perspectives avec une estimation de rendement de 10,27 t/ha. La Rive-Nord obtient 9,4 t/ha, alors que la Montérégie-Est 9,85 t/ha, la Montérégie-Centre/Sud 9,28 t/ha et la Montérégie-Ouest 9,63%.

Pour ce qui est du soya, le décompte moyen est de 804 gousses (pour une superficie de 3 pi X 3 pi), donc 12% moins que l’an dernier. Le rendement moyen possible est de 2,5 t/ha à 3 t/ha. L’an passé, il s’élevait à 3,15 t/ha. Encore une fois, le Centre-du-Québec a les meilleures perspectives avec 900 gousses, la Rive-Nord 743 gousses, la Montérégie-Est 820, la Montérégie-Centre/Sud 764 et la Montérégie-Ouest 796.

“Si la météo est parfaite en septembre, on pourrait aller chercher un peu plus. Mais ce sera difficile d’aller chercher un très bon rendement”, a indiqué Jean-Philippe Boucher. Cette situation n’est pas bien différente de celle observée en Ontario dans une tournée similaire. Moe Agostino, l’un des organisateurs de l’évènement, en a fait un résumé en anglais. “Le maïs va manquer de temps”, a-t-il indiqué. Les producteurs n’ont pas pu semer tôt, des superficies de maïs ont été perdues. Les épis manquent de maturité, ils sont très blancs. La sécheresse a apporté son lot de problèmes également en Ontario. “S’il y a un gel, ça fera beaucoup de dommage, car le maïs est trop en retard.” Selon lui, les rendements seront faibles. “Au mieux, on ira chercher un rendement comparable à la moyenne.”

 

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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