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Maïs-grain : une qualité pas du tout désastreuse

PHOTO : André Dumont

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La qualité du maïs-grain récolté au Québec est-elle catastrophique en 2014? Pas du tout, affirme François Labrie, conseiller spécialisé maïs et soya à La Coop fédérée.

« La qualité du maïs n’est pas désastreuse comme en 2000, quand le maïs classait 4 ou 5, ou même échantillon, soutient l’agronome. Cette année, nous avons beaucoup de maïs de grade 3, ce qui répond aux critères des principaux marchés, comme l’éthanol, les porcs et les bovins laitiers. »

Le gel du 19 septembre a surtout affecté à la baisse le poids spécifique du maïs, de sorte que beaucoup de lots ont obtenu le grade 3, alors qu’en temps normal, la vaste majorité des lots obtiennent le grade 2.

Le poids spécifique peut faire chuter un lot à une classe inférieure, mais à lui seul, il n’est pas un indicateur de la qualité alimentaire du grain.

C’est le maïs à 70 et 71 kg/hl, recherché par les acheteurs du secteur avicole, qui est plutôt rare à trouver cette année. Des primes sont versées pour ces poids spécifiques élevés, ce qui n’est pas le cas toutes les années.

D’après François Labrie, le séchage au champ se serait bien déroulé cet automne. La fréquence des lots problématiques en raison de toxines ou de grains brûlés au séchage est la même que d’habitude.

Toutefois, des producteurs de régions spécifiques sont bel et bien frappés par des problèmes de qualité du maïs-grain. Selon l’agronome de La Coop fédérée, on observe du grade 4 et 5 dans certaines zones en Estrie, au Centre-du-Québec, près de Granby et Saint-Valérien. « Dans des localités sur les rives sud et nord de Québec, il y a du très bon et du très mauvais maïs », rapporte-t-il.

En Montérégie et dans Lanaudière, la qualité est « beaucoup moins pire que ce qu’on anticipait ».

Pas d’autosuffisance

Si la qualité en soit ne sera pas un grave problème chez les meuneries québécoises, l’approvisionnement local sera clairement plus difficile cette année.

Il s’est semé environ 15 % moins de maïs en 2014 et les rendements sont inférieurs à la moyenne. Cela se reflète dans les bases plutôt élevées, nous indiquait récemment Jean-Philippe Boucher, analyste chez Grainwiz.

« C’est sur que la province ne sera pas autosuffisante en maïs-grain », affirme François Labrie.

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