Maïs : une nouvelle technologie prometteuse pour appliquer l’azote

Venu des États-Unis, un nouvel applicateur à haut dégagement permet d’incorporer de l’azote au stade V10 du plant de maïs, soit au moment où il en a le plus besoin, avant la sortie des croix.

« C’est une première au Québec! », raconte Vincent Chifflot, agronome chez Delkab, qui travaille sur ce projet d’apport d’azote en collaboration avec les Meuneries Mondou et Frédéric Gauthier. Ce producteur travaille à forfait pour la meunerie et, selon lui, il est le premier à s’être équipé de cet applicateur dans la Belle Province.

L’appareil permet d’appliquer de l’azote liquide à une profondeur de 3-4 po sous terre entre les rangs, alors que la plupart de la machinerie existante dispose l’azote à la surface du sol.

« Du point de vue agronomique, le nouvel applicateur bonifie l’utilisation fragmentée de l’azote tout en diminuant les risques de lessivage et de nitrification », poursuit Vincent Chifflot.

Ce dernier indique que la barre de l’appareil fixée à six pieds en avant de l’arroseuse ne risque pas de briser les plants de maïs qui, à ce stade, peut atteindre une hauteur de 9 pi, parce que « les plants sont souples comme une canne à pêche ».

En 2015, M. Gauthier s’est servi de cet applicateur sur une superficie de 445 ha. « On a connu des hausses de rendement de 0,8 Tm/ha à 1,6 Tm /ha », dit-il.

Cette année, un champ de 13 ha a été séparé en trois blocs. Ces parcelles ont toutes reçu une application d’azote au semis (démarreur) et vont recevoir deux doses d’azote différentes au stade V5 et V10 pour un total de 180 kg/ha ou plus.

L’expérience de 2016 est plus « protocolaire » et les rendements seront « officiellement » pesés cet automne. D’après Vincent Chifflot, cette technologie pourrait connaître un engouement au Québec à cause des conditions humides.

 

 

 

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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