Météo extrême

On a semé et récolté du soya avec succès dans le Nord de l’Ontario. Ailleurs dans cette même province, des essais avec des arachides et des pommes de terres douces ont cours. Au Québec, les érables coulent maintenant bien avant le premier jour du printemps.

Il n’y a pas que le climat qui change. Les humains et les plantes changent aussi, soutient David Phillips, climatologue senior à Environnement Canada. En entrevue avec Le Bulletin.com, il dresse un portrait équilibré des changements climatiques.

Le climat se réchauffe, ce qui provoque des événements météorologiques plus violents. Si ces derniers provoquent plus de dégâts, c’est aussi parce que l’homme a changé la face de la terre, dit David Phillips.

« Quand on convertit une prairie sauvage en champ de blé, puis en terrain de stationnement, cette surface reflète la chaleur et absorbe l’eau d’une toute autre façon », illustre le climatologue. Il ne faut donc pas s’étonner qu’une ville bétonnée et asphaltée soit un immense îlot de chaleur et que ses égouts pluviaux débordent lors des pluies torrentielles.

Pour David Phillips, tout a véritablement commencé avec le déluge du Saguenay en 1996, un bel exemple d’infrastructures inadéquates qui ont cédé face au déchaînement des éléments.

La récente inondation des rives de la Richelieu illustre aussi l’impact de changements climatiques dont les dégâts sont accentués par la façon que l’homme occupe le territoire. Lorsqu’on habite et cultive jusqu’aux bords d’une rivière, il n’y a plus de zone tampon pour absorber les excès d’eau, fait valoir David Phillips.

Notre consommation de combustibles fossiles n’est pas la seule responsable des bouleversements climatiques que nous vivons. En 8000 ans, l’homme a éliminé la moitié des forêts de la terre et les centres urbains ont avalé de vastes territoires qui, à l’état naturel, contribuent à réguler le climat.

Il y a toutefois matière à se réjouir. L’agriculture au Québec et au Canada profitera grandement du réchauffement climatique, à condition de savoir s’adapter à une variabilité accrue du temps. Entre autres, les pluies seront plus fortes et les jours de sécheresse plus nombreux.

Selon David Philipps, il est clairement établi que nous connaîtrons moins d’épisodes de froid intense et plus d’épisodes de chaleur accablante. Les niveaux de CO2 seront plus élevés et les plantes en profiteront pour croître plus rapidement.

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