Mobilisation générale en faveur de la biosécurité

Montréal, 22 janvier 2000 – Du 20 au 28 janvier 2000, les délégués de plus de 130 pays se réuniront à Montréal afin de poursuivre les négociations du Protocole sur la biosécurité, un ensemble de règlements portant sur le commerce international des organismes génétiquement modifiés (OGM).







« Le gouvernement canadien a choisi de faire subir à notre système de production alimentaire un virage fondamental, au seul profit d’intérêts privés et sans égard aux risques collectifs à long terme », affirme Charles Mercier.


Dans le cadre des négociations sur le Protocole, trois blocs principaux s’affrontent. D’abord, le groupe de Miami, réunissant les six principaux exportateurs d’OGM, soit les États-Unis, le Canada, l’Australie, l’Argentine, le Chili et l’Uruguay, qui font pression pour que le protocole soit peu contraignant et n’entrave pas leurs exportations d’OGM. Puis, un bloc de près de cent pays, qui demandent un protocole sévère dans le but de protéger la biodiversité et la santé humaine. Enfin, l’Union européenne, défendant une position intermédiaire.

À l’occasion de cette rencontre, Biotech Action Montréal (du Groupe de Recherche d’Intérêt Public de l’Université du Québec à Montréal), le Conseil des Canadiens et Greenpeace International organisent conjointement, le samedi 22 janvier 2000, une manifestation pacifique et un forum public portant sur le commerce des OGM. La manifestation vise à dénoncer les faits suivants :

Le groupe de Miami fait passer le libre commerce des OGM avant la prévention des risques pour la biodiversité et la santé humaine

Afin de défendre l’industrie biotechnologique, le groupe de Miami, dont le Canada est le porte-parole, tente d’amputer le Protocole de plusieurs éléments clés. D’abord, il entend évacuer le principe de précaution, ce qui enlèverait à un pays le droit de refuser par prévention l’importation d’un OGM présentant un risque pour l’environnement ou la santé. Ensuite, il s’oppose à l’élaboration d’un régime de responsabilité et de dédommagement en cas de problème résultant de l’importation d’un OGM. Enfin, le groupe de Miami vise à faire passer les biotechnologies sous la juridiction de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui n’est pas l’instance appropriée pour traiter de questions de santé et de biodiversité.

Le gouvernement canadien a imposé un virage biotechnologique à notre système agro-alimentaire, sans consultation publique

Le gouvernement canadien approuve à toute vitesse la commercialisation de nouvelles variétés d’OGM sans études indépendantes et à long terme. Il refuse jusqu’à maintenant l’étiquetage obligatoire des OGM dans l’alimentation. Enfin, il subventionne massivement l’industrie biotechnologique et soutient très peu l’agriculture biologique. Pourtant, les OGM n’apportent aucun bienfait miraculeux justifiant leur adoption précipitée. « En fait, le gouvernement canadien a choisi de faire subir à notre système de production alimentaire un virage fondamental, au seul profit d’intérêts privés et sans égard aux risques collectifs à long terme », affirme Charles Mercier, de Biotech Action Montréal.

Biotech Action Montréal réclame que le gouvernement canadien cesse de promouvoir aussi effrontément les intérêts de l’industrie biotechnologique, alors que les conséquences à long terme des OGM sont absolument imprévisibles. Le Canada et le groupe de Miami doivent changer leur position et appuyer un Protocole sévère.

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