Négligés par les Français, les fruits et légumes frais cherchent à séduire

Paris (France), 16 mai 2006 – La semaine de la « Fraîch’attitude », organisée du 17 au 28 mai, cherche à relancer la consommation des fruits et légumes frais qui ont de plus de plus de mal à trouver le chemin des assiettes des Français, en dépit de leur valeur nutritionnelle et de l’avancée de l’obésité.

Parmi les 15 000 animations prévues figurent notamment, en région parisienne, une distribution gratuite de fruits mercredi 17 de 07H00 à 10H00 dans quatre stations de métro (Issy-Val-de-Seine, République, La Défense, Place d’Italie) et une autre de fruits et légumes aux passagers arrivant à l’aéroport d’Orly-Ouest les samedi 27 après-midi et dimanche 28.

En prélude, les participants au colloque « Fruits et légumes frais: une filière au coeur des paradoxes », réunis mardi au Sénat, ont rivalisé d’imagination pour tenter de relancer la consommation de ces produits alors que l’alimentation est de plus en plus industrialisée.

Le Programme national nutrition santé (PNNS) recommande « au moins 5 fruits et légumes par jour », mais loin d’atteindre cet objectif la consommation « a même diminué depuis 10 ans, a regretté le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau.

Les Français ont dépensé 13,4 milliards d’euros en 2004 en fruits et légumes frais (hors pommes de terre), soit 10,3% de leurs dépenses alimentaires, contre 9,9 milliards et 11% du total en 1990, selon les chiffres de l’INSEE, cités par Interfel, l’interprofession des fruits et légumes, organisatrice du colloque.

Souvent critiqués pour leurs prix élevés et leur manque de saveur, les fruits et légumes frais d’origine française sont pénalisés par des coûts de production élevés – il faut une bonne heure pour récolter soigneusement 15 kilos de cerises – et concurrencés par des importations de plus en plus massives venant de pays comme l’Espagne et même la Chine.

Différentes études ont mis en évidence qu’au-dessus de 5 euros le kilo, le consommateur limite ses achats et les quantités achetées, souligne Cerise de France, l’association des producteurs français.

Aujourd’hui, plus des trois-quarts des fruits et légumes sont achetés dans les différentes enseignes de la grande distribution. Les marchés traditionnels ne représentent plus que 15% des lieux de ventes.

Pour encourager les Français à consommer, les pouvoirs publics souhaitent augmenter les points de vente sur les lieux de vie et de circulation et le ministre du Commerce Renaud Dutreil a lancé mardi un « appel à projets ».

Ces projets, dont au maximum 20% des dépenses de mise en place pourront être financés, dans la limite de 50 000 euros, devront concerner des kiosques, la vente de corbeilles de fruits et légumes sur internet, la préparation de salades de fruits et de légumes prêtes à consommer ou à emporter, la préparation sur place de jus de fruits et légumes frais, de soupes et de gratins de fruits et légumes.

Mais l’enjeu majeur est de trouver une solution économique pour remplir de fruits et légumes frais les distributeurs automatiques des écoles, d’où les sodas et produits gras sont désormais bannis.

M. Dutreil a aussi signé la charte d’Interfel « Fruits, légumes et société ». Elle engage notamment ses signataires, principalement les communes, à proposer plus de légumes et de fruits dans les cantines scolaires et universitaires et à distribuer des bons d’achats gratuits pour les populations défavorisées.

Source : AFP

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