Nouveau ministre de l’agriculture : une nomination sous le signe de la continuité, souhaite l’UPA

Longueuil (Québec), 20 juillet 2004 – « Le nouveau ministre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada se devra d’emboîter le pas à son prédécesseur et d’agir rapidement pour régler les dossiers clés. La situation dans laquelle se trouve l’agriculture canadienne exige une vision claire des enjeux et une action à la fois énergique et rapide. »

C’est en ces termes que le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) et également vice-président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA), M. Laurent Pellerin, a commenté aujourd’hui la nomination du nouveau ministre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, M. Andrew Mitchell.

Saluant les efforts accomplis par le ministre sortant, M. Bob Speller, chez qui les agriculteurs ont apprécié un interlocuteur informé et à l’écoute, le président de l’UPA souhaite que le travail se poursuive sur les bases établies ces derniers mois. On voit d’un bon oeil, à cet égard, l’expérience de M. Mitchell à titre de secrétaire d’État au développement rural. L’Union l’a déjà d’ailleurs rencontré à ce titre.

La tâche du nouveau ministre sera loin d’être une sinécure, a cependant prévenu M. Pellerin, qui a rappelé le lourd agenda qui attend M. Mitchell : crise du revenu agricole, modifications au Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA), ouverture des frontières américaines au boeuf canadien, négociations de l’OMC, etc.

Les attentes sont grandes, a-t-il rappelé, soulignant la situation particulièrement difficile que traverse l’agriculture du pays. Les agriculteurs digèrent encore très mal, par exemple, l’introduction du nouveau Cadre stratégique agricole canadien (CSA). À elles seules, les embûches administratives créées par ce programme entraînent des coûts faramineux et une profonde insatisfaction chez la clientèle, particulièrement au Québec.

La crise de l’ESB fait encore très mal. Malgré quatre programmes d’intervention différents jusqu’ici, les éleveurs de bovins réclament toujours une indemnisation adéquate, et ce, tant que la frontière américaine sera fermée et que les marchés n’auront pas retrouvé leur cours normaux. Ils revendiquent aussi le déclenchement d’une enquête sur les marges bénéficiaires des abattoirs.

Quant au commerce international, les agriculteurs et agricultrices attendent du gouvernement qu’il affiche du « muscle » dans la défense des systèmes de gestion de l’offre, toujours menacés par les négociations de l’OMC. Des milliers d’emplois directs et indirects sont en cause de même que la survie de milliers de fermes, sans compter une dépendance éventuellement accrue envers les produits importés.

On veut également d’un Canada qui relève l’échine devant son voisin américain. Actuellement, les sous-produits dérivés du lait passent la frontière sans coup férir, avec des impacts considérables sur nos parts de marché et le revenu qu’en tirent les producteurs laitiers. Un resserrement des contrôles s’impose également en matière d’importation de volailles et d’oeufs d’incubation.

« Ce qu’il faudra retenir, de conclure Laurent Pellerin, c’est que l’agriculture canadienne est bel et bien en crise. Le nouveau ministre n’a d’autre choix que de relever les manches, de s’impliquer à fond, de se battre même, s’il veut sortir l’agriculture du pays de l’ornière profonde dans laquelle elle s’est enlisée. S’il fait cela, nous serons à ses côtés ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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