Objectif atteint pour la première Tournée ensilage

Avoir plus de contrôle dans un environnement de plus en plus difficile, tel était l’idée de départ de l’équipe Pioneer Québec en lançant son projet de Tournée ensilage. « Avec le prix du lait qui diminue et celui des intrants qui augmente, on s’est dit que ce serait utile de donner des outils aux producteurs afin d’avoir plus de contrôle sur un élément de base de l’alimentation comme l’ensilage », explique l’experte en production laitière chez Pioneer, Marie Landry-Blais.

Le projet a débuté avec la  tenue d’un kiosque à l’Expo Champs afin de préparer les producteurs à la future récolte. La Tournée a ensuite débuté le 5 septembre à Sainte-Barbe pour se terminer le 23 à Saguenay, une balade de trois semaines dans 14 des 40 agences de Pioneer dans la province. Les agronomes s’étaient équipés d’un véritable laboratoire ambulant, le HarverstLab de John Deere, ce qui leur a permis d’analyser près de 500 échantillons apportés par plus de 300 producteurs. L’analyse qui durait 30 secondes permettait entre autres de constater le degré d’humidité et d’amidon dans le plant en entier.

Les gens de Pioneer ont surtout pu rencontrer les gens sur le terrain et les aider dans leur prise de décision, ce qui correspondait à leur objectif. « Au lieu de se fier au voisin, on se décide selon les principaux éléments à considérer comme la maturité du grain, les structures d’entreposage, la longueur de la coupe, l’équipement dont on dispose, etc. On doit maximiser les éléments sur lesquels on a un contrôle. Comment gérer le gérable. Certains facteurs clefs vont avoir un impact important, surtout quand on sait que le rendement est lié 50% sur l’épi (…) Il n’y a pas une recette dans le champ », explique Mme Landry-Blais.

La Tournée ensilage sera de retour l’an prochain. Marie Landry-Blais aimerait bien couvrir davantage l’est de la province responsable de 50% de la production laitière au Québec. Elle souhaiterait également avoir plus de temps pour discuter avec les producteurs, surtout qu’elle a pu constater que certains changements ont eu lieu après discussion avec les spécialistes . Dans un cas, un producteur a choisi de faire la récolte à forfait. « L’ensilage est une culture plus stable et on peut faire des choses intéressantes avec les producteurs. Si on peut contrôler deux paramètre sur cinq, c’est au moins ça ».

Pour ce qui est de la qualité de l’ensilage cette année, Mme Landry-Blais était aux premières loges pour avoir un bon aperçu de la récolte. Tout comme d’autres cultures cette année, le rendement et la qualité furent bons en général, mais varient beaucoup d’une région à l’autre. « L’ouest de  la province a été le plus affecté mais le rendement à tout de même été correct (…) Le manque d’eau s’est traduit par des plants plus petits et des épis incomplets. Mais on est loin de la situation dans la région de Toronto et ailleurs en Ontario où là ça vraiment été vraiment moins bon. »

Quant à savoir quels ont été les meilleurs hybrides dans cette saison très particulière, il faudra patienter plus tard après analyse des résultats. L’agronome indique qu’un hybride peut avoir très bien fait dans une région et moins bien dans une autre, en raison de plusieurs variables. Mme Landry-Blais constate par contre que la sécheresse a eu lieu au bon moment dans plusieurs cas. « Le manque d’eau s’est produit durant la période végétative. Des études ont démontré que la digestibilité de l’ensilage peut être augmentée si ça se produit à ce moment.»

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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