OGM : la bataille de l’étiquetage fait rage aux États-Unis

C’est aux États-Unis qu’a lieu actuellement la plus grande bataille pour l’étiquetage des aliments contenant des OGM.

Après la défaite serrée de la Proposition 37 en Californie par vote populaire lors d’une élection en 2012 et la défaite d’un vote semblable dans l’état de Washington en 2013, on aurait pu s’imaginer que le mouvement pour l’étiquetage des OGM serait knock-out. C’est tout le contraire.

La campagne Just label it (Mettez-le sur l’étiquette) et le mouvement The Right To Know (Le droit de savoir) n’ont jamais été aussi vigoureux.

Ce printemps, les législatures des états du Connecticut et du Maine ont toutes deux adopté des projets de loi rendant l’étiquetage des OGM obligatoire. Toutefois, dans ces deux cas, les dispositions stipulent que la loi entrera en vigueur seulement quand un État voisin aura fait de même.

L’étiquetage des produits alimentaires de consommation humaine contenant des OGM pourrait devenir réalité en Nouvelle-Angleterre très bientôt, puisque le Vermont et le Massachusetts figurent sur la liste des 20 États américains où des projets de loi en ce sens ont été déposés.

Même des états du Midwest comme l’Illinois et l’Iowa, bastions de la culture de maïs et soya OGM, ont vu leurs législateurs déposer des projets de loi sur l’étiquetage.

L’industrie de la semence et des intrants chimiques s’est massivement investie contre les propositions en Californie et dans l’état de Washington. Selon certains observateurs, ses lobbyistes concentrent maintenant leurs efforts au fédéral plutôt que dans chacun des États.

Monsanto, par exemple, s’oppose à l’étiquetage des produits contenant des ingrédients OGM en faisant valoir qu’aucun risque pour la santé n’a été démontré et que leur mention sur les emballages sous-entendrait que les produits qui en contiennent sont en quelque sorte inférieurs aux produits conventionnels ou biologiques.

Aux États-Unis, 90 % ou plus de tout le coton, le maïs, le canola, la betterave à sucre et le soya sont des OGM.

En tout, 64 pays dans le monde obligent l’industrie alimentaire à mentionner la présence d’OGM dans les aliments. Le Canada et les États-Unis font partie des rares pays à ne pas figurer sur cette liste, qui comprend 15 pays d’Europe, le Japon, l’Australie, le Brésil, la Russie et même la Chine.

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