OGM : le Canada se met à l’étiquetage volontaire des produits

Montréal (Québec), 17 avril 2004 – Le Canada a adopté discrètement cette semaine une norme sur l’étiquetage volontaire et la publicité des produits contenant ou non des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Le gouvernement canadien a décidé de laisser le choix à l’industrie alimentaire de spécifier si les produits qu’ils vendent au Canada « sont ou ne sont pas issus du génie génétique » et édicté des paramètres pour veiller à ce que les éventuelles mentions soient informatives, vérifiables et non trompeuses.

Cette « norme a été élaborée pour fournir le choix aux consommateurs et n’implique pas qu’il y ait des risques pour la santé ou la sécurité associés aux produits dans son domaine d’application », précise l’Office des normes générales du Canada.

Selon ces critères, pour qu’un aliment d’un seul ingrédient puisse arborer la mention « non issu du génie génétique », il faut que moins de 5% de sa composition soit issue du génie génétique.

Quant aux aliments à base de plusieurs ingrédients comme des chips, ils ne pourront pas porter l’étiquette « non modifiées par génie génétique » mais seulement faire référence à leurs ingrédients en mentionnant par exemple « fabriquées avec des pommes de terre non issues du génie génétique ».

« La rapidité avec laquelle les étiquettes apparaîtront sur les emballages sera lié à l’importance attribuée par les consommateurs, à la norme facultative », a estimé Jeanne Cruikshank, une représentante du secteur de la distribution alimentaire qui a participé à l’élaboration de cette norme.

Au cours de l’automne 2001, une proposition de loi sur l’étiquetage obligatoire avait échoué au parlement canadien. Quelques mois plus tard, la publication d’un rapport officiel assurant que la nocivité des OGM n’était pas démontrée, confortait le gouvernement canadien à ne pas légiférer.

Le Canada a adopté une norme sur l’étiquetage volontaire trois jours avant l’entrée en vigueur dimanche de la nouvelle réglementation européenne sur l’étiquetage des OGM destinés à l’alimentation, la plus sévère au monde selon Bruxelles.

Le Canada, troisième plus important producteur d’OGM, loin derrière les Etats-Unis et l’Argentine, s’était joint à ces deux pays pour porter plainte contre le moratoire de l’Union européenne sur les importations de produits contenant des OGM.

Source : AFP

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