OGM : pas une solution à la faim dans le monde selon Greepeace et OXFAM

Montréal (Québec), 12 juillet 2001 – Le rapport 2001 du Programme des Nations unies sur le développement humain (PNUD) présente comme un fait accompli les promesses de l’industrie biotechnologique pour régler la faim dans le monde.

« La biotechnologie ne va pas nourrir l’humanité », affirme Joan Summers, directrice des programmes chez Oxfam Canada, organisation qui oeuvre depuis plus de 40 ans à lutter contre la faim dans le monde. « Le rapport du PNUD omet de mentionner les alternatives qui ont fait déjà leurs preuves, et dont pourraient bénéficier dès maintenant les pays en voie de développement. L’agriculture durable est la meilleure façon de produire assez de nourriture tout en permettant aux agriculteurs une plus grande maîtrise de leurs activités agricoles. »

« Les promesses sans fondement du rapport du PNUD constituent de la surenchère fallacieuse en faveur des OGM » affirme Éric Darier de Greenpeace. « Des études approfondies ont établi que les solutions les plus efficaces à la faim dans le monde proviennent directement des champs et non pas des laboratoires biotechnologiques ». Jules Pretty, professeur à l’université de l’Essex en Angleterre, a mené une étude (2) portant sur plus 200 projets agricoles alternatifs dans des pays du Sud. Cette étude démontre que l’agriculture durable présente des avantages extraordinaires pour les affamés du monde. Neuf millions d’agriculteurs, cultivant 28 millions d’hectares, participent à ces projets alternatifs.

Le rapport du PNUD prétend que les inquiétudes croissantes reliées aux OGM ne sont qu’une préoccupation égoïste des gens

des pays dits développés. « Non seulement est-ce une insulte envers les centaines d’ONG oeuvrant dans ce domaine, mais aussi à l’endroit de la majorité des gouvernements du Sud, qui ont lutté fermement contre les tentatives de faire échouer le Protocole sur la biosécurité par les compagnies biotechnologiques et les gouvernements américain et canadien » affirme Von Hernandez de Greenpeace en Asie du Sud-Est.

« Parmi tous les organismes, le PNUD est bien celui qui devrait savoir que les problèmes complexes reliés à la faim et au développement agricole ne seront pas résolus par des solutions biotechnologiques miraculeuses », ajoute Von Hernandez. « La véritable crise réside dans ce qu’on a trop longtemps négligé d’investir et de mener des recherches dans les technologies agricoles durables. »

La diminution du financement agricole a été particulièrement spectaculaire au sein d’organismes multilatéraux tels le PNUD et la Banque Mondiale. Alors que les fonds totalisaient 3,5 milliards de dollars US en 1989, ils avaient chuté à moins de 500 millions dix ans plus tard. Pour sa part, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a réduit son appui à l’agriculture de 58 % aux cours des années 1990.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Programme des Nations unies sur le développement humain (PNUD)

http://www.undp.org

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