Onzième baisse des taux aux États-Unis en un an

France, 11 décembre 2001 – La Réserve fédérale américaine a assoupli, pour la onzième fois de l’année, sa politique monétaire. La poursuite de la détérioration rapide du marché de l’emploi aux Etats-Unis a en effet incité les autorités monétaires américaines à baisser de 25 points de base son taux interbancaire au jour le jour. Le loyer de l’argent est ainsi ramené à 1,75%, son plus bas niveau depuis quarante ans. Ce taux, qui a été réduit de 4,5 points depuis le début de l’année – dont 150 points depuis les attentats du 11 septembre – se situe donc désormais bien en deçà du taux d’inflation (2,1%), permettant ainsi aux banques de se procurer de la liquidité gratuitement.

La banque centrale américaine ne cherche plus à éviter une récession aujourd’hui avérée (la première économie mondiale est entrée dans une phase de contraction de l’activité dès le mois de mars dernier), mais simplement à en limiter l’ampleur. Cela vaut surtout depuis les attentats du 11 septembre, qui ont sérieusement aggravé la situation, notamment sur le front de l’emploi. Confrontées à l’érosion de leurs profits (les sociétés de l’indice boursier Standard & Poor’s 500 ont accusé en moyenne une baisse de près de 22% de leurs bénéfices au troisième trimestre, selon Thomson Financial/First Call), les entreprises américaines ont dû licencier massivement : abstraction faite du secteur agricole, quelque 800 000 emplois ont été supprimés au cours des deux derniers mois. L’économie américaine n’avait pas enregistré deux mois consécutifs de pertes d’emploi aussi importantes depuis mai-juin 1980. Résultat, le taux de chômage est passé de 4,9% en septembre à 5,7% en novembre, son plus haut niveau depuis 1995.

Ces chiffres pourraient finir par peser sur la confiance des ménages, fragilisant ainsi la très bonne tenue des dépenses de consommation. Ces dernières ont en effet affiché une progression record de 2,9% au mois d’octobre, grâce notamment au dynamisme du secteur automobile. Mais les derniers indicateurs statistiques sur le moral des Américains font apparaître des tendances divergentes, qui rendent tout pronostic délicat. Ainsi l’indice du Conference Board, très sensible à la situation du marché de l’emploi, a-t-il accusé son cinquième mois de déclin consécutif en novembre, tandis que celui publié par l’université du Michigan, plus axé sur les anticipations inflationnistes (qui sont faibles) est ressorti en hausse pour le troisième mois d’affilée.

Source : Les Échos

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