Plante vs pathogène

Quand une bactérie pathogène s’attaque à une plante, une véritable course aux armements s’enclenche. La biologiste Wenbo Ma, de l’Université de Californie à Riverside, a réussi à observer cette guerre à l’échelle microscopique.

En utilisant le pathogène Pseudomonas syringae sur des plants de soya, la chercheuse et ses collègues ont démontré que les bactéries pathogènes s’attaquent directement aux isoflavones, un groupe de composés dans les cellules de la plante qui sert à se défendre contre les infections. Ces observations sont publiées dans le numéro de mars de la revue scientifique Cell Host & Microbe.

En d’autres mots, les pathogènes s’attaquent d’abord au système de défense de la plante. Ils injectent des protéines bactériennes virulentes, appelées HopZ1, directement dans les cellules de la plante, à l’aide de conduits ressemblant à une aiguille.

Ces protéines réduisent la production d’isoflavones, ce qui favorise le développement de l’infection. Attaquée, la plante détecte la présence de HopZ1 et répond par une défense vigoureuse, notamment par la production d’une grande quantité d’isoflavones.

Le pathogène doit ensuite réévaluer sa stratégie. Il peut changer le type de protéine qu’il injecte dans la plante, cesser d’injecter des protéines ou en injecter de façon à ce qu’elles échappent au système de détection de la plante. Une véritable course aux armements!

On en sait encore très peu sur comment les protéines virulentes favorisent aussi le développement de l’infection, reconnaît Wenbo Ma. Il se pourrait, par exemple, que ces protéines bloquent les canaux qui transmettent les signaux d’attaque à travers la plante.

« Les pathogènes développent des stratégies pour attaquer directement la production de composés antimicrobiens chez la plante, ce qui affaiblit ses mécanismes de défense », explique Wenbo Ma.

La chercheuse espère que ses travaux permettront un jour de mettre au point de meilleures stratégies de lutte contre les maladies des plantes, sans que ne se développe rapidement de la résistance. « Les pathogènes finissent par déjouer les stratégies de lutte que nous utilisons en agriculture. C’est l’évolution à l’œuvre. En ayant des connaissances fondamentales sur comment les pathogènes provoquent des maladies, nous pourrons développer des stratégies durables et applicables pour les combattre. »

Lisez l’article en anglais, sur ScienceDaily.

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