Premier cas confirmé de DÉP sur une ferme québécoise

Le dimanche 23 février dernier, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a confirmé la présence du virus de la diarrhée épidémique porcine (DÉP) dans un élevage porcin de la Montérégie. Le troupeau a été confiné et tous les propriétaires d’élevages porcins dans un rayon de 5 km de la ferme ont été avisés qu’il y avait un élevage positif dans leur voisinage. Ils ont été invités à être encore plus stricts dans leurs mesures de biosécurité.

« Pour l’instant, on se croise les doigts », explique le vétérinaire en chef de l’Équipe québécoise de santé porcine (ÉQSP), François Cardinal. Le producteur et son vétérinaire ont mis en place des mesures de bioconfinement de l’élevage. L’objectif est de faire en sorte que le virus reste au sein de l’élevage jusqu’au jour où le troupeau d’engraissement soit rendu à la période d’abattage. Ensuite, le bâtiment sera lavé et désinfecté. Si entretemps, aucun autre troupeau n’est infecté par le virus, il est possible d’espérer l’éradication de la maladie du territoire québécois.

L’ÉQSP suit ainsi son plan d’action mis en place pour un premier cas de DÉP :
–       confinement de la ferme;
–       éviter de contaminer d’autres élevages;
–       éradication de la maladie du Québec.

L’élevage atteint ne présentait aucun signe clinique de la maladie, précise le vétérinaire en chef pour le Québec au MAPAQ, Michel Major. Ce cas est en lien avec la détection du virus sur le quai de déchargement de l’abattoir F. Ménard les 10 et 12 février dernier, explique le vétérinaire responsable des engraissements chez F. Ménard, Charles Surprenant.

Suite à la détection du virus sur le quai de déchargement, des tests sur les différentes fermes ayant livré des porcs ces journées-là ont permis de retracer une ferme ayant le virus dans son environnement. Le bâtiment était vide. F. Ménard a fait et refait des tests auprès des autres porcs que ce producteur forfaitaire s’occupait pour finalement retrouver le virus. L’information a été communiquée au MAPAQ le 22 février dernier. La ferme est située à l’Ange-Gardien.

« La ferme est en quarantaine, explique Charles Surprenant. Des trois porcheries du site, une seule est pleine d’animaux. Les deux autres vont rester vides. Seul le cultivateur pourra entrer dans la porcherie jusqu’à la fin de l’élevage. Dans environ trois mois, les porcs seront envoyés à l’abattoir. »

Depuis que la maladie a été détectée au Canada et surtout depuis que le virus a été retrouvé sur les quais de deux abattoirs du Québec, l’industrie a multiplié le nombre d’échantillons prélevés pour retracer le virus. Les neuf abattoirs de porcs du Québec prélèvent des échantillons sur chaque camion livrant des porcs. Les entreprises porcines sont aussi invitées à faire des tests de routine. « C’est de l’avertissement précoce, précise François Cardinal. C’est ce que je fais avec ma clientèle. »

C’est une chance que le virus ait été détecté dans cet engraissement, car les signes cliniques sont peu visibles en engraissement. « Ça a toujours été notre crainte que ça passe inaperçu », explique François Cardinal.

Un échantillon du virus a été envoyé au laboratoire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) à Winnipeg qui a procédé à un séquençage pour identifier le virus.

Ce cas québécois est le 24e à survenir au Canada : 21 en Ontario, 1 au Manitoba et 1 à l’Île-du-Prince-Édouard.

MAPAQ et ÉQSP

Depuis le 20 février dernier, chaque fois qu’un laboratoire confirme un cas de DÉP, il doit en informer le MAPAQ. Le DÉP devient ainsi une « maladie à notification immédiate », contrairement à l’appellation « maladie à déclaration obligatoire ». Dans ce dernier cas, tout cas suspect devrait être signifié, ce qui n’est pas le cas avec la DÉP. « Ce serait ingérable pour le MAPAQ, précise François Cardinal. Avec la notification immédiate, on a le meilleur des deux mondes. »

Michel Major explique que le MAPAQ et l’ÉQSP travaillent ensemble, mais chacun dans leur champ d’expertise. Par son programme de surveillance, le MAPAQ invite, depuis l’été dernier, les vétérinaires porcins à transmettre tout échantillon suspect de DÉP à son laboratoire d’analyse. Ces tests sont gratuits. Le MAPAQ collabore avec l’industrie à l’enquête épidémiologique pour retracer l’origine du virus en présence d’un cas. Il est aussi en contact avec les autres gouvernements provinciaux et l’ACIA.

De son côté, l’ÉQSP a un plan de prévention et d’intervention en cas de ferme détectée positive. Puisque les deux instances agissent différemment, Michel Major insiste sur le fait qu’il est important pour un producteur et son vétérinaire d’aviser l’ÉQSP lorsqu’un cas positif est détecté.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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