Protocole de Kyoto : des leaders québécois souhaitent intensifier les efforts

Montréal (Québec), 16 février 2006 – Des leaders des milieux environnemental, syndical, culturel, des affaires et de la société civile du Québec, réunis à l’invitation d’Equiterre et de Greenpeace, ont souligné le premier anniversaire de l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto. Ils ont profité de l’occasion pour rappeler que les efforts deréduction des émissions de gaz à effet de serre doivent être intensifiés auxniveaux individuel, institutionnel et gouvernemental.

Pour le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, « le réchauffement planétaire menace la sécuritéalimentaire et risque d’entraîner des conséquences néfastes sur l’ensemble duglobe : réduction des récoltes alimentaires et diminution de la disponibilitéde l’eau potable. Les impacts seraient nombreux et pourraient mettre en périlla survie des fermes et toute la vitalité des communautés rurales à travers lemonde. C’est pourquoi les agriculteurs et agricultrices du Québec sont déjàdans l’action, et ce, de plusieurs manières. Que ce soit par l’exploration desénergies renouvelables, l’intégration de nouvelles pratiques de fertilisationet de conservation des sols ou une meilleure gestion des fumiers, le mondeagricole intensifie ses efforts pour contribuer à ce que le Canada atteigneson objectif de réduction des GES d’ici 2012 ».

« Il est essentiel que nous accroissions nos efforts. Les Montréalaises etles Montréalais veulent que nous passions à l’action », a affirméGérald Tremblay, maire de Montréal et signataire de la Déclaration des maireset dirigeants municipaux sur les changements climatiques. « A nous maintenantd’agir dans nos champs de compétences ». La Déclaration des maires etdirigeants municipaux, adoptée à Montréal en décembre dernier, invite lesvilles signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de20% d’ici 2010, de 30 % d’ici 2020 et de 80 % d’ici 2050.

Pour sa part, Alban D’Amours, président et chef de la direction duMouvement des caisses Desjardins, a réitéré la position de plusieursentreprises québécoises et canadiennes à l’égard de la mise en oeuvre duProtocole de Kyoto. « La récente Conférence des Nations Unies sur leschangements climatiques aura permis d’en sensibiliser plus d’un à l’urgenced’agir en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre etaiguisé notre préoccupation à l’égard de la protection de l’environnement. Ence sens, il nous paraît non seulement important de poursuivre nos efforts envue de l’application du Protocole de Kyoto, mais aussi de définir unestratégie et des objectifs pour la période allant au-delà de celle visée parcet accord », a-t-il déclaré.

Rappelons qu’en novembre dernier, un groupe de chefs d’entreprisescanadiennes ont signé une déclaration, L’Appel à l’action sur la protection duclimat, l’énergie et le développement durable, qui affirmait que lesgouvernements, les entreprises, les consommateurs et les citoyens « ont desresponsabilités en vertu du Protocole de Kyoto et que le monde doit agir detoute urgence pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre dansl’atmosphère et minimiser les répercussions mondiales des changementsclimatiques ».

D’ailleurs, Suzanne Blanchet, présidente et chef de la direction deCascades Groupe Tissu, a tenu à souligner le premier anniversaire du Protocolede Kyoto et a réaffirmé l’engagement de Cascades de réduire ses émissions deGES. « Grâce à la mise sur pied d’un groupe d’intervention en énergie en 1997,Cascades compile et surveille ses émissions de gaz à effet de serre sur unebase quotidienne. Par l’entremise d’efforts concrets pour réduire notreconsommation d’eau ou encore l’utilisation de fibre recyclée de préférence àla fibre vierge, nous sommes en mesure de diminuer considérablement notreconsommation d’énergie et ainsi réduire nos émissions de GES. »

Pour Claudette Carbonneau, présidente de la CSN et Henri Massé, présidentde la FTQ, « des mesures musclées de réduction des émissions de GES doiventrapidement être mises en place dans tous les secteurs de la société et lestravailleurs doivent faire partie intégrante des solutions et de la mise enoeuvre du Protocole de Kyoto. » Monsieur Massé et Mme Carbonneau reprenaientainsi les grandes lignes d’une déclaration faite par la Confédérationinternationale des syndicats libres (CISL), dont la CSN et la FTQ font partie,à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur les changementsclimatiques. M. Massé a ajouté que « tous les gouvernements doivent respecterle consensus social palpable au sein de la population, des entreprises, desindustries et de tous les milieux de la société québécoise ».

Pierre Curzi, président de l’Union des Artistes, a tenu à rappeler que« les artistes du Québec se sont impliqués en environnement depuis plusieursannées. Nous sommes d’avis que la lutte aux changements climatiques concernel’ensemble de la société québécoise et mondiale et que chacun doit faire sapart et doit s’impliquer ».

Pour Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace-Québec, et Sidney Ribaux,coordonnateur général et co-fondateur d’Equiterre, l’appui sans équivoquemanifesté aujourd’hui par la société civile québécoise démontre la grandevolonté des Québécois de voir adoptées des actions concrètes. « Poursuivre levirage vers les économies d’énergie, l’efficacité énergétique, de même quevers les énergies renouvelables et alternatives, développer sans tarder lestransports en commun sont autant de chantiers stimulants pour la sociétéquébécoise. Nous sommes prêts pour ces changements », ont-ils affirmé, appelantentreprises, citoyens et gouvernements à passer à l’action dans les prochainsmois et à passer de la parole aux actes.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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