Qualité de l’eau en France : Glavany programme l’interdiction des triazines

Paris (France), 28 septembre 2001 – Jean Glavany annonce qu’il a engagé le retrait de l’homologation de l’atrazine et d’autres herbicides dérivés de la famille des triazines, qui doit déboucher sur l’interdiction, en juin 2003, de ces produits polluants, notamment des eaux de surface et souterraines.

Le ministre de l’Agriculture a précisé, dans un communiqué, que le retrait de l’autorisation de mise sur le marché requise pour la commercialisation des produits sera applicable au 30 septembre 2002.

Les triazines sont une famille d’herbicides contre les mauvaises herbes. La plus employée d’entre elles est l’atrazine en raison de son faible coût.

« L’usage même des produits par ses utilisateurs finaux sera interdit à compter du 30 juin 2003 », a précisé le ministre dans son communiqué.

« Cette décision doit permettre de faire un pas significatif en direction d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement », a-t-il poursuivi, assurant que l’objectif est de restaurer la qualité de l’eau.

En avril dernier, Jean Glavany avait demandé un réexamen de la question des triazines en France, sur la base d’expertises alarmistes, accusant ces produits de polluer la majorité des eaux de surfaces et souterraines

La norme européenne de 0,1 microgramme au maximum par litre de substances actives est régulièrement dépassée.

Dans une récente évaluation des risques, l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) avait maintenu sa recommandation de « ne plus consommer l’eau lorsque la présence d’atrazine et de ses dérivés dépasse les valeurs-seuils ».

Au cours des dernières années, ces dépassements ont conduit les autorités à prendre diverses mesures dont l’interdiction de la consommation d’eau du robinet en Bretagne, en Ile-de-France, en Champagne-Ardenne, dans le Centre et en Midi-Pyrénées.

Mises sur le marché depuis 1962, les triazines sont essentiellement utilisées dans la culture de maïs.

En 1999, l’atrazine a servi au désherbage de 80% des surfaces de maïs.

Il existe d’autres matières actives de la famille des triazines (simazine, terbuthylazine, cyanazine, etc.) qui sont utilisées pour le désherbage de la vigne, des arbres fruitiers et des cultures légumières.

Dans un dossier technique, le ministère de l’Agriculture estime que cette décision « doit s’accompagner d’une révolution des pratiques agricoles » et invite les agriculteurs à se tourner vers des « solutions de remplacement ».

Source : Reuters

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