Quinze mesures pour relancer l’agriculture biologique en France

Paris (France), 17 juillet 2003 – L’agriculture biologique qui ne représente que 1,8% de la surface agricole utile en France accuse un fort retard sur les autres pays européens, déplore le député de Haute-Savoie Martial Saddier, préconisant 15 mesures pour développer ce secteur.

Le ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, présent à la remise du rapport, a indiqué qu’il annoncera un « plan pluriannuel pour l’agriculture biologique à l’automne après une concertation avec tous les interlocuteurs de la filière ».

Alors qu’elle était pionnière au début des années 1980, l’agriculture biologique française est tombée au 25ème rang mondial et au 13ème rang au sein de l’Union Européenne, avec seulement 518.000 hectares en 2002. Elle est toutefois en constante progression depuis 2000 suite au plan pluriannuel de développement de l’agriculture biologique (PPDAB) lancé par Philippe Vasseur, alors ministre de l’Agriculture, en 1997.

Il faut cesser de « sur-réglementer » l’agriculture biologique en France, réclame le député de Haute-Savoie, qui y voit une « condition de survie » de ce secteur. M. Saddier suggère d’oeuvrer à « une harmonisation des contrôles et des contraintes ainsi que des aides » au niveau européen.

L’apparition d’un logo unique commun à toute l’agriculture biologique de l’Union européenne – qui pourrait cohabiter quelques temps avec le logo français AB – est souhaité comme garantie de cette harmonisation et de la fin des distorsions de concurrence.

Une vaste campagne de promotion de l’agriculture biologique française, à l’instar de celles menées par les autres pays européens, est aussi vivement recommandée.

L’agriculture biologique pourrait également être pionnière pour la mise en place d’un observatoire stratégique sur la formation du prix des produits du producteur au consommateur et sur la conclusion d’un nouveau partenariat avec la grande distribution.

Concernant la délicate question des OGM (organismes génétiquement modifiés), les agriculteurs biologiques, qui n’en utilisent pas, devraient pouvoir compter sur une indemnisation – en cas de contamination de leurs produits – qui reste à définir car actuellement les assureurs refusent ce type d’engagement.

Le rapport estime que « le même seuil de tolérance de résidus retenu pour l’agriculture conventionnelle devrait s’appliquer » à l’agriculture biologique.

En France, les cinq premières régions pour l’agriculture biologique sont les Pays de Loire (près de 60.000 ha), Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et la Bretagne. Mais les plus forts taux de croissance au cours des deux dernières années s’observent en Midi-Pyrénées, Franche-Comté et Limousin.

La taille moyenne des exploitations en agriculture biologique est de 48 ha contre 43 ha en agriculture conventionnelle.

Source : AFP

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