Rapport de la FCEI sur la formation – Le gouvernement doit faire ses devoirs

Montréal (Québec), 7 octobre 2008 – La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a rendu publique une étude sur la formation en entreprise basée sur un sondage réalisé auprès des dirigeants dePME. « Les constats de notre étude sont implacables. La Loi sur ledéveloppement de la main d’oeuvre n’a pas donné les résultats escomptés. Ilest clair aussi que pour accroître l’offre de formation aux employés chez lesentreprises qui en offrent moins, le gouvernement a tout intérêt à étendre lescrédits d’impôt à la formation à l’ensemble des secteurs économiques », aindiqué Simon Prévost, vice-président, Québec, de la Fédération canadienne del’entreprise indépendante (FCEI). M. Prévost compte rencontrer le ministre del’Emploi, Monsieur Hamad, pour discuter des solutions mises de l’avant par lesdirigeants de PME.

Les PME forment leur personnel pour plusieurs raisons…

L’étude démontre que 76,2 % des PME qui dispensent de la formation enentreprises le font pour perfectionner les compétences. Ils sont aussi motivésdans 60 % des cas par la nécessité d’augmenter la compétitivité et laproductivité de l’entreprise. La rétention du personnel est aussi une raisonimportante pour offrir de la formation, particulièrement dans le contexte depénurie de main-d’oeuvre.

« L’étude révèle à quel point la formation en entreprise se déploie selonle mode informel. Ainsi, 65 % des entreprises ne disposent d’aucuns plan ou decalendrier de formation » a souligné monsieur Prévost. Cela dit, 42 % desentreprises ont dans leur comptabilité une ligne budgétaire réservée à laformation de leurs employés et 44 % d’entre elles font appel à desintervenants externes. Les secteurs d’activités dans lesquels les PMEapparaissent les plus organisées au chapitre de la formation des employés sontceux de la finance, des assurances, de l’immobilier, des services auxentreprises et de l’éducation, et en santé et services sociaux. Les secteurs apriori les moins structurés sont ceux de l’agriculture, de la construction etde la restauration, hôtellerie, services personnels. « Le gouvernement doitprendre acte de l’aspect informel de la formation qui est presque la normedans les PME et s’assurer que la réglementation de la formation soit en ligneavec cette situation. »

…mais plusieurs PME n’offrent toujours pas de formation

Selon les données du sondage, 50,6 % des entreprises n’ont offert aucuneformation à leurs employés au cours des trois dernières années. Le manque detemps est le principal obstacle à l’organisation d’activités de formationselon 67 % des répondants. Le manque de ressources financières apparaît dans46 % des cas. Vient ensuite, pour 35 % des entreprises sondées, l’absence deformation spécialisée qui soit adaptée aux besoins de l’entreprise.

A relier avec l’idée du manque de temps, le manque de possibilités pourremplacer les employés en formation concerne 32 % des répondants. Près d’unquart des PME (24,3 %) sont confrontées à la distance par rapport aux lieux deformation.

Or 58 % des répondants offriraient davantage de formation s’ilsbénéficiaient de crédits d’impôt, tandis que 57 % seraient davantage ouverts àla formation en entreprise si les impôts de manière générale et ceux sur lamasse salariale en particulier étaient moins élevés. La diminution desformalités administratives reliées aux programmes de formation apparaîtégalement comme un facteur favorable pour 31 % des entreprises.

Les solutions d’ordre fiscal sont jugées prioritaires dans l’ensemble dessecteurs d’activité. On peut néanmoins relever au travers du sondaged’intéressantes particularités sectorielles.

La Loi sur le développement et la reconnaissance des compétences

La Loi sur le développement et la reconnaissance des compétences de lamain-d’oeuvre a permis un certain rattrapage, mais son efficacité pourl’instauration d’une véritable culture de formation reste à prouver. Entre2000 et 2006, la moyenne des dépenses des entreprises dont la masse salarialeest supérieure à 1 million de dollars, est passée de près de 100 000 $ à91 000 $, en passant par un creux de 78 000 $ en 2005. De plus, le pourcentagedes employeurs dont les dépenses de formation dépassent 1 % de leur massesalariale stagne à 88 % depuis 2000. Enfin, le ratio moyen des dépenses deformation à la masse salariale, établi à 2,26 % en 1997, a tendance àdiminuer. Il était de 1,55 % en 2006.

« L’objectif de la Loi, en étant porté par une taxe sur la massesalariale, s’avère potentiellement contre-productif. Au Québec, la moitié desponctions fiscales réalisées sur les entreprises viennent globalement desimpôts sur la masse salariale. On rappelle que ces impôts constituent une taxeindépendante de la performance des entreprises. » a indiqué monsieur Prévost.Cela est d’autant plus vrai dans les PME pour qui les investissements enformation ne peuvent que très rarement être rentabilisés sur la base duvolume. Ainsi, en augmentant les coûts salariaux, les impôts sur la massesalariale réduisent la productivité du travail et les possibilités d’atteindreune rentabilité souhaitable sur les investissements en formation.

L’étude de la FCEI intitulée « Formation dans les PME : la performance desentreprises d’abord » est disponible sur le site Internet de la FCEI.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI)
http://www.fcei.ca/

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