Rapport du BAPE sur la production porcine : la Fédération réagit

Longueuil (Québec), 20 novembre 2003 – Profitant de la conférence de presseorganisée pour réagir à la nouvelle sur la prolongation du temps d’arrêt, leprésident de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, M. ClaudeCorbeil, a rendu publiques les réactions de l’organisation sur le rapport duBureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) portant sur laproduction porcine québécoise. « Il y a beaucoup d’éléments dans ce documentet, à plusieurs égards, certains rejoignent les propositions que nous avonsfaites dans notre mémoire », a-t-il déclaré. Il a d’ailleurs insisté surl’importance que tous les intervenants travaillent, d’ores et déjà, enconcertation pour atteindre les objectifs du développement durable. Pour lepremier dirigeant de la Fédération, « concertation » veut dire qu’il y ait unminimum de consensus sur les conditions à mettre en oeuvre pour lever le tempsd’arrêt. Il a aussi précisé que le soutien technique et financier doit être aurendez-vous, car l’agriculture et l’environnement sont avant tout des enjeuxde société.

En substance, pour la Fédération, le rapport brosse un bon portrait de la situation. Parmi les éléments positifs qui ressortent, notamment le fait quele secteur porcin est un fleuron économique qui possède un grand savoir-faire.Toutefois, la Commission indique que la production porcine doit maintenantintégrer toutes les facettes du développement durable en misantprioritairement sur les volets social et environnemental.

De plus, plusieurs éléments de travail intéressants se dégagent. Ceux-ciportent, entre autres, sur les principes suivants :

  • la transparence et l’importance de consulter les divers milieux avant la venue de tout nouveau projet;
  • l’écoconditionnalité;
  • la poursuite de la recherche sur la santé publique;
  • la préservation de la mise en marché collective;
  • l’utilisation des engrais organiques comme fertilisants de grande valeur;
  • la réduction des odeurs et, bien entendu;
  • une aide financière accrue pour faire face aux défis environnementaux et sociaux.

« Voici donc quelques exemples de points à travailler en concertation etqui vont dans la même direction. Il va sans dire que nous questionnonsd’autres aspects du rapport et que nous sommes même en désaccord aveccertaines recommandations », de poursuivre le président de la Fédération.

Parmi les interrogations, M. Corbeil a relevé le fait que le rapportn’aborde pas la gestion des surplus par le traitement et la valorisation desengrais organiques. « Nous maintenons que cette filière est très importantedans le cadre d’un développement durable de notre production. Les points fortsde cette avenue : exploiter et commercialiser les matières organiques tout enréduisant les surplus », selon ses dires.

Quant aux irritants contenus dans le rapport, ceux-ci portent sur troissujets en particulier. D’abord, pour la Fédération, il est injustifié demodifier les orientations gouvernementales 2001 en matière d’aménagement quisont associées à la Loi 184. Selon l’organisation, tous les éléments sont déjàen place pour faire du développement durable adapté spécifiquement auxparticularités régionales. En ce qui a trait à toutes les recommandationssuggérant un pouvoir accru des municipalités, la Fédération manifeste une viveinquiétude. « L’agriculture doit rester sous juridiction provinciale, sinonqu’adviendra-t-il ? Qu’en sera-t-il de l’uniformité des normes d’aménagementpour préserver les zones vertes ? Les municipalités auront-elles lesressources humaines et financières pour relever un tel défi ? Nous sommes,cependant, d’accord pour que le monde municipal soit davantage impliqué dansles discussions sur l’implantation de nouveaux projets et soit associé à unprocessus de consultation. D’ailleurs, les modalités devraient être élaboréesen concertation avec les intervenants directement impliqués », selonM. Corbeil.

Le dernier irritant, mais non le moindre, touche le soutien de l’Etat enfonction des volumes de production. « Nous sommes étonnés de voir que laCommission n’a pas établi de lien entre le programme de sécurité du revenu etla mise en marché collective. La production agricole québécoise est reconnue,voire enviée, pour ses programmes collectifs efficaces et fonctionnels quipermettent d’assurer l’équité pour l’ensemble des producteurs. Il faut à toutprix éviter d’ouvrir des brèches qui auraient pour conséquence de démantelercertains programmes existants. Toutes les productions agricoles sont viséespar ces programmes et ces mesures », ajoute M. Corbeil.

En terminant, la Fédération a relevé le fait que le BAPE avait pourmandat de préciser un modèle de production porcine pour le Québec.« Finalement, la Commission a conclu comme nous que l’originalité du modèleactuel réside dans la diversité et la coexistence de divers modes dedéveloppement sur un même territoire. Ce qui compte, c’est que les chosessoient faites selon les règles de l’art », de conclure le président de laFédération, M. Claude Corbeil.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)
http://www.bape.gouv.qc.ca/

Le Porc du Québec
http://www.leporcduquebec.qc.ca/

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